“L’Histoire est en train de nous juger en ce moment” : des Gilets Jaunes soutiennent Assange à Londres


#FreeAssange


Le procès de Julian Assange a débuté ce lundi 24 février à la cour de Woolwich Crown Court à Londres. Le but de cette audience est d’étudier la demande d’extradition de Julian Assange vers les États-Unis, où il risque 175 ans de prison pour violation de l’ « Espionage Act ». Des Gilets Jaunes se sont retrouvés devant la prison de Belmarsh, où le fondateur de WikiLeaks est détenu, afin de lui manifester leur soutien.

Cela fait presque un an que le lanceur d’alertes est incarcéré dans la prison britannique. Placé en isolement jusqu’à récemment, son état de santé s’est gravement dégradé. Son procès doit se dérouler sur deux semaines, réparties entre les mois de février et de mai. Malgré un temps pluvieux, des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant la prison de Belmarsh afin d’apporter leur soutien en scandant « Free, free Julian Assange ! » se faisant entendre jusqu’à l’intérieur du tribunal.

Difficile de les louper ! Les Gilets Jaunes, réunis par le groupe Facebook « Assange l’ultime combat », étaient présents pour une nouvelle opération coup de poing, réunissant environ 150 citoyens français. Deux cars entiers ont traversé la Manche dans la nuit du 23 au 24 février pour l’occasion, le but étant, bien évidemment, de soutenir le fondateur de WikiLeaks, mais également d’informer la population anglaise sur cet événement historique. Martin, un Gilet jaune parisien, a été interrogé par un journaliste de RT France. Il déclare faire le déplacement pour la quatrième fois pour « sauver l’honneur ». Il déclare : « Julian Assange s’est énormément sacrifié pour nous, pour moi il est évident que c’est ici qu’il faut être présent. L’Histoire est en train de nous juger en ce moment, la France n’a pas été à la hauteur ».

Un gilet jaune a été offert à Julian Assange. Des soutiens présents à l’entrée du tribunal l’ont remis à son père manifestement ému.

La salle d’audience a été prise d’assaut dès son ouverture à 8h du matin par des dizaines de journalistes. Le nombre de places étant limités, les retardataires ont dû s’installer au sous-sol, dans la salle de presse, où ils pouvaient suivre le procès, malgré la piètre qualité de la retransmission.

Julian Assange était installé dans un box vitré au premier étage à l’arrière de la salle, entouré de deux agents. Habillé d’un costume gris, bien coiffé et rasé, son visage ne laissait rien paraître de sa fatigue. Ses proches, dont son père et son frère étaient assis au balcon. Durant l’interruption de la mi-journée, Kristinn Hrafnsson, le porte-parole et actuel rédacteur en chef de WikiLeaks, a commenté les propos tenus par le camp adverse : « Il y a une contradiction car ils ont dit que Julian Assange ne serait pas jugé pour ce qu’il a publié mais pour un supposé préjudice, or aucun préjudice n’a été causé ». En fin de journée, il indique que l’état de santé préoccupant du lanceur d’alerte a été au cœur des débats, et que son extradition amènerait à un risque de suicide.

De nombreux syndicats de journalistes et ONG ont apporté leur soutien au fondateur de WikiLeaks dont le travail a été récompensé de nombreuses fois. Il a, entre autres, reçu le prix du journalisme Martha Gellhorn, celui de la Walkley Fondation for Journalism pour « contribution majeure au journalisme », ainsi que celui du Club des journalistes de Mexico. Ce mois-ci, le Consortium international des journalistes d’investigation lui a également remis le prix Gary Webb pour la liberté de la presse.

Un tweetstorm quotidien avec le hashtag #FreeAssange a été lancé depuis une semaine. Tous les jours à la même heure, 16h GMT (17h en France), des centaines de tweets envahissent le réseau social en interpelant Donald Trump et Boris Johnson pour demander la libération du journaliste australien. Cet acte prendra fin lors de son obtention. Il vous suffit simplement de programmer une alarme quotidienne pour y participer, et soutenir celui qui sacrifie actuellement sa vie pour la liberté de la presse.

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