Dans une allocution du 26 mars, Emmanuel Macron est revenu sur sa stratégie sanitaire. Refusant de reconnaitre ses torts sur sa gestion récente, il a également montré son allégeance aux États-Unis.
« Je n’ai pas reconnu une forme d’échec. Je sais bien bien que nous avons une tendance à adorer les mea culpa. Non, j’essaie d’être lucide […] Je ne reconnais pas d’échec » a assuré le président en parlant de la politique vaccinale européenne. Vantant avec insistance les mérites américains, le chef de l’État a préféré négliger ses responsabilités dans le fait d’avoir ignoré les avertissements des scientifiques.
Macron appelle à rester souverains face à la Russie et la Chine
«Face […] aux attaques et aux velléités de déstabilisation – russes, chinoises – d’influence par le vaccin […] face à cela, si nous voulons tenir, nous devons être souverains […] Nous nous sommes mis aujourd’hui en capacité de produire pour ce faire.» a assené le fondateur de LREM. Sur le fond, cette déclaration d’indépendance et de souverainisme pourrait s’entendre. Mais dans les faits, dans le contexte actuel, elle est complètement grotesque.
Macron en caniche des américains
Car dans le même temps, le souverainisme à géométrie variable du président s’arrête aux USA. Il n’a d’ailleurs pas manqué de lancer une grande déclaration d’amour au pays de l’oncle Sam : «Les États-Unis d’Amérique ont été plus innovants, plus ambitieux, ils ont su rêver davantage que nous […] Et ils ont eu raison. Cela doit être une leçon.» Dans la longue tradition des néolibéraux européens, Macron s’indigne face au méchant Poutine, mais fait des courbettes face aux USA et leur politique impérialiste.
L’idéologie de Macron passe avant la santé des Français
Peu importe si les États-Unis ont été en guerre 245 ans sur 266 ans d’existence, peu importe s’ils bafouent régulièrement les droits humains, comme au Venezuela, eux au moins n’ont pas l’immense tare d’être russe ou chinois. Et tant pis si les Français doivent souffrir de cette idéologie mortifère. Tant pis si le vaccin russe, Spoutnik V, est bien plus efficace (92%) que le vaccin retardataire européen Astrazeneca (76%). Tant pis s’il ne nécessite pas les conditions drastiques de conservation de Pfizer. Et tant pis, s’il est disponible depuis le mois d’août et que des millions de gens auraient pu être protégés depuis.
Russia offered to France to join 10 other countries that have agreed to produce #SputnikV. Production of different vaccines is a true path to vaccine independence. Together we are stronger! ✌️
— Sputnik V (@sputnikvaccine) March 26, 2021
« Cher, Emmanuel Macron, rendre les vaccins apolitiques est notre meilleur espoir de paix mondiale et non de guerre. Nous vous sommes reconnaissants d’avoir envoyé une équipe scientifique française sous la direction de Marie-Paule Kieny et notre partenariat avec la France nous a beaucoup aidés et contribué à notre combat commun contre le Covid ! » ont répondu les développeurs de Spoutnik V au président français américanophile, voire américanolâtre.
Destruction de notre souveraineté
Le discours de Macron est d’autant plus à contre-temps, que lui et ses prédécesseurs, imprégnés de la même idéologie ultralibérale, ont méthodiquement détruit tout ce qui faisait la souveraineté de la France. Les politiques austéritaires, largement exigées par l’Union Européennes, ont détruit non seulement nos hôpitaux, mais aussi nos instituts de recherches et de notre tissu industriel. Le fait que la France n’ait pas encore réussi à créer son propre vaccin en est d’ailleurs le symbole parfait.
Macron, super menteur
Ne nous y trompons pas, lorsque le chef de l’État parle de souveraineté, il ne faut y voir rien d’autre qu’une nouvelle esbroufe. Ce dernier n’hésite d’ailleurs pas à évoquer une oxymorique « souveraineté européenne », preuve de sa malhonnêteté totale. On a d’ailleurs une nouvelle fois assisté à une séance de bobards lorsque notre bonimenteur national a expliqué avoir déjoué les projections des scientifiques.
Les scientifiques nous avaient prévenus
Alors que les cas de covid-19 repartent en flèche dans plusieurs régions de l’hexagone, Emmanuel Macron a assuré qu’il avait « eu raison de ne pas reconfiner la France fin janvier ». En effet, selon lui, tous les modèles scientifiques annonçaient une catastrophe en février ; celle-ci ne s’étant pas produite, le président s’estime donc sur la bonne voie. Sauf que, dans les faits, les scientifiques annonçaient bien un pic pour le mois de mars si l’on ne faisait rien en janvier. Preuve, qu’en Macronie, l’imposture ne s’arrête décidemment jamais…
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