Hugh Bailey, le directeur général de General Electric France, justifie dans le JDD le plan de départ de plus de 1.000 personnes dans l’usine de Belfort.

Il a pris ses fonctions il y a à peine deux mois. Hugh Bailey, le directeur général de General Electric France a choisi le JDD pour répondre aux accusations dont le repreneur de la branche énergie d’Alstom en 2015 est l’objet. Le géant américain a annoncé mardi son intention de licencier plus de 1.000 collaborateurs (sur un total de 4.000) dans son usine de Belfort dont l’activité est consacrée aux équipements pour le gaz et le nucléaire. Une déflagration sociale de plus pour ce territoire industriel peu épargné par la crise. Le timing de l’annonce, juste au lendemain des élections européennes, a interpellé les observateurs. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, devrait se rendre sur place dès lundi.

Interrogé sur le calendrier de cette annonce, après les élections européennes, le patron de General Electric France indique que cela “correspond à une décision mondiale, que l’on décline au niveau européen, pays par pays”. Le gouvernement français a-t-il demandé de retarder cette annonce? “Non, c’est une décision difficile du groupe. Il n’y a jamais de calendrier optimal.” Hugh Bailey justifie le plan social par la “forte baisse” du marché mondial du gaz : “Nos concurrents se réorganisent lourdement, indique-t-il. Il y a un problème de surcapacités. […] Si on veut continuer à investir, à innover, on ne peut pas rester dans cette situation. Nous ne sommes plus assez compétitifs. Pour autant, je veux être clair, Belfort ne fermera pas. Il restera le premier site industriel de GE Power en Europe. Nous y avons des compétences d’excellence. Présenter ce projet, c’est une décision difficile, mais qui nous permettrait d’assurer la pérennité de l’outil industriel, des savoir-faire et de l’emploi. Notre priorité sera évidemment d’accompagner les salariés.”

Dans un contexte difficile, nous avons recruté près de 3.000 personnes en trois ans. Mais nous ne sommes pas parvenus à la création des 1.000 emplois nets.

Accusé d’avoir attendu 2019 et la fin de la période d’application des engagements pris lors du rachat d’Alstom en 2015 pour annoncer ce plan, le DG affirme avoir tenu les engagements et cite “l’investissement de 1 milliard d’euros sur la période en France” ou encore le renforcement de la “Recherche et développement”. Au sujet des 1.000 emplois que le groupe s’était engagé à créer, il reconnait cet échec : “Dans un contexte difficile, nous avons recruté près de 3.000 personnes en trois ans. Mais nous ne sommes pas parvenus à la création des 1.000 emplois nets. J’ajoute que nous avions une forte ambition dans le renouvelable, qui n’est que décalée dans le temps. Elle est associée au plan de développement de l’éolien en mer, signé en 2011, qui a pris du retard, indépendamment de notre volonté. Nous attendons une décision prochaine favorable du Conseil d’État pour débuter le premier champ au large Saint-Nazaire.”

Dans la grande interview exclusive au JDD, Hugh Bailey évoque également l’engagement plus large de GE en France, les échanges avec les pouvoirs publics et les syndicats mais également les projets de déploiement d’autres activités sur le site de Belfort ou encore son parcours personnel, lui qui a travaillé aux cabinets d’Arnaud Montebourg puis d’Emmanuel Macron.

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