Les reportages en immersion de 20 Minutes

Le musée du vagin est le premier musée au monde entièrement consacré au sexe féminin. Il se situe à Londres, dans le quartier de Camden Town, temple du shopping de la ville. Voici ce que le lieu propose aux visiteurs. 

Le premier musée au monde entièrement consacré au sexe féminin, le Vagina Museum, a récemment ouvert ses portes et pourrait être le pendant de l’Icelandic Phallological Museum de Reykjavik en Islande, le musée du pénis. Le but du lieu ? Déconstruire les idées reçues et les tabous associés au sexe des femmes. Abricot, berlingot, foufoune, zézette, chatte ou encore petite fleur, peu importe le nom qu’on lui donne, au musée du vagin, tout, tout, tout, vous saurez tout sur la vulve, selon 20 Minutes. Le journal gratuit a pénétré ce lieu, et propose un reportage très complet, en immersion. Les diverses citations de cet article ont été recueillies par leurs soins.

 « J’ai adoré le tampon à paillettes ! La mise en scène est très cool, c’est une vraie expo » Amy.

Un antre de la culture et de l’apprentissage

Lauren, étudiante londonienne, a découvert l’existence de ce musée sur les réseaux sociaux. « J’en ai entendu parler sur Instagram, je me suis dit que ce serait cool de venir voir. Et cet endroit est génial », s’enthousiasme la jeune femme. Cette dernière déclare aussi en avoir appris beaucoup sur le sujet : « Désormais, je connais la différence entre la vulve, qui est la partie externe de nos organes génitaux et qui peut avoir un aspect différent d’une femme à l’autre, et le vagin, qui est la partie interne. Pour moi, tout ça c’était le vagin ! On découvre aussi la vérité à propos de tout un tas de mythes et d’idées reçues. »

L’endroit n’est pas très grand, mais abrite des créations artistiques (ou « arty ») et des objets divers, « savamment répartis ». On y trouve aussi de grands panneaux, chacun consacré à une idée reçue liée à l’intimité féminine. Règles, hygiène, contraception ou stéréotype de genre : tout y est abordé sans le moindre tabou. Pour deux autres jeunes femmes, la visite n’a là encore, pas été vaine. « J’ai pris conscience que je ne connaissais pas grand-chose au vagin alors que je suis une femme » confie la première. « J’ai appris qu’utiliser un tampon pendant ses règles ne risquait pas de faire perdre sa virginité, alors que c’est quelque chose que j’ai toujours entendu » poursuit-elle. Parmi les découvertes que chacune peut faire,  la seconde, retient ce qu’elle vient d’apprendre sur le clitoris, et plaisante : « Je ne savais pas qu’il mesurait plus de 10 cm, je ne connaissais que la partie émergée de l’iceberg. »

En déambulant entre les panneaux, Katie s’arrête longuement devant un cadre renfermant des culottes comme tachées par de l’eau de javel. Un phénomène largement expérimenté par les femmes et qui s’explique par l’acidité des pertes vaginales. Quelque chose de « tout à fait normal » et « signe d’un vagin en bonne santé », apprend-on dans ce musée. « Jusqu’à présent, je me disais que quelque chose clochait chez moi en bas, que je devais avoir du sang ou des pertes bizarres, alors que ça fait partie du processus de nettoyage du vagin », explique-t-elle. Visiter le musée du vagin, c’est aussi l’occasion de s’interroger sur le rapport à son intimité, et la manière dont le sexe féminin est perçu. « La honte et la stigmatisation associées à cette partie du corps, ce n’est pas seulement quelque chose que je m’inflige, c’est aussi un sentiment que j’éprouve parce qu’il m’est infligé par le jugement que portent les autres sur le sexe féminin, et par le manque d’éducation sur ce sujet », médite encore Katie, pour qui, une meilleure connaissance est « libératrice ».

Et au niveau de l’épilation ?

Dans cet « antre arty et ludique », plusieurs formes de vulves sont représentées en dessin. Lèvres plus ou moins grandes, pilosité : montrer la diversité de l’intimité féminine est un moyen de rappeler que chaque femme est « normale », là où les films pornos montrent des pubis lisses et dépourvus de poils, donnant parfois des complexes injustifiés à certaines. Buisson, triangle, ticket de métro ou intégrale, on apprend que l’épilation du pubis, c’est comme on veut et si on veut. Parmi les idées reçues : le « mythe » selon lequel « les poils pubiens [des femmes évidemment] sont sales », alors qu’en « réalité : Il est plus hygiénique d’en avoir », peut-on lire sur l’un des panneaux exposés.

« L’intimité féminine est une zone vulnérable, mais ici, c’est présenté comme quelque chose de sacré, qui ne devrait jamais être un tabou » Katie.

« J’ai un partenaire très ouvert, mais j’ai toujours eu l’habitude de m’épiler, pour être sûre d’être prête », indique Katie. « Puis, j’ai commencé à apprécier cette partie de ma pilosité, à laisser repousser mes poils » poursuit-elle. Mon copain m’a dit : « mais je t’ai connu sans ! » Je lui ai dit que je me sentais mieux ainsi, mais il avait quand même du mal à se faire à l’idée. Je lui ai rétorqué qu’il avait bien une barbe, qu’il ne la trouvait pas sale et estimait que c’était sa fourrure naturelle ! Eh bien, mes poils pubiens sont ma fourrure naturelle, expose la jeune femme avec humour. Il n’a pas lâché et m’a dit : « mais n’est-il pas plus hygiénique de ne pas avoir de poils ? » Katie a dû expliquer que les poils pubiens ont au contraire un effet protecteur contre les infections sexuellement transmissibles. Mais son ami ne l’a pas crue tout de suite. De sa part, c’est un manque d’information. « Il faudra peut-être que je revienne ici avec lui ! » conclut-elle.

Ouvert à tou.te.s et gratuit

C’est pour cette raison qu’il est « important que les femmes apprennent à quoi ressemble leur intimité » insiste Jenna. « Nous sommes nées avec cette vulve, pourtant je n’ai appris ce terme que cette semaine ! C’est capital que les femmes viennent ici, et les hommes aussi, pour mieux connaître leur partenaire ! Tout à l’heure, j’ai vu une mère qui visitait le musée avec sa fille et j’ai trouvé ça génial. Maintenant, je me sens plus à l’aise avec mon corps » raconte-elle. Même enthousiasme pour Katie : « J’aurais adoré qu’un tel endroit existe quand j’étais ado et que je me posais un million de questions. Ce n’est pas gênant, c’est instructif et drôle. »

Portes grandes ouvertes, l’endroit est simplement indiqué par une sobre pancarte. L’accès au musée est totalement gratuit. On y entre librement, sans faire la queue et ni débourser la moindre livre (ou pound). « Et comme ça, beaucoup de jeunes femmes et d’ados peuvent découvrir facilement tous ces trucs hyper importants qu’on n’apprend pas à l’école », confie Ellen. Celles et ceux qui sont prêts à sortir le porte-monnaie peuvent toutefois faire un don au musée, qui a d’ailleurs vu le jour grâce à une campagne de financement participatif. Enfin, les esprits coquins et audacieux pourront tout de même repartir avec un souvenir vendu à la boutique. En plus de stickers, de mugs et de tote bags figurant une vulve, il est possible de s’offrir une paire de « pussy earrings », des boucles d’oreilles en forme… de vulve, évidemment !

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