Il ne s’agit pas de «violences policières» mais de «violences illégitimes», a indiqué Richard Lizurey à Libération. Le patron de la gendarmerie nationale a exprimé son point de vue sur les preuves de violences sous forme de vidéo et sur la définition d’une vraie violence.

À la suite des discussions sur les violences policières qui ont eu lieu au cours des manifestations des Gilets jaunes, Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), a expliqué au quotidien Libération pourquoi les forces de l’ordre avaient recours à la violence et comment reconnaître l’illégitimité de leurs actions.

Le DGGN a affirmé que les forces de l’ordre étaient légitimes à intervenir en répondant à une agression «dans le cadre du maintien de l’ordre»: «Pour mener à bien cette mission, elles peuvent utiliser la force, dans un cadre réglementaire».

Préférant plutôt le terme de «violences illégitimes», il souligne que seules les enquêtes menées par la justice permettent d’établir si une violence policière a eu lieu:

«Après, on peut discuter de la légitimité de la violence dans tel ou tel cas, mais c’est à la justice de le dire. Un certain nombre d’enquêtes sont en cours à ce sujet, et une inspection générale (IGGN) existe pour mener les investigations nécessaires. Si des violences illégitimes ont été commises, si des gendarmes sont sortis des clous, ils doivent bien sûr être sanctionnés et c’est le rôle d’un chef que d’y veiller.»
M.Lizurey a également commenté les multiples vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrant des actes allant au-delà des prérogatives des forces de l’ordre. Selon lui, ces témoignages vidéo manquent d’analyse:
«C’est vrai qu’avec les médias sociaux, le premier réflexe des citoyens lors d’un incident est de prendre leurs appareils pour filmer. C’est un élément nouveau, qui réduit le temps d’analyse. Avant, lorsqu’il y avait un incident, on attendait le compte rendu, on accédait aux éléments explicatifs avant que les choses ne sortent. Aujourd’hui, les faits sortent tellement vite, que nous sommes au mieux informés en même temps, et il est très difficile d’expliquer et de déterminer les responsabilités à chaud. En plus, il y a une asymétrie de traitement, avec désormais des a priori systématiquement négatifs. Le cumul de l’immédiateté et de l’inversion de la présomption d’innocence est problématique.»

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