Le procès de quatre Gilets jaunes soupçonnés d’avoir forcé le 5 janvier l’entrée du ministère de Benjamin Griveaux, alors porte-parole du gouvernement, a été annulé mercredi en raison d’un défaut de procédure, sans toutefois provoquer l’abandon des poursuites.

Le tribunal correctionnel de Paris a fait droit aux arguments des avocats de la défense, qui contestaient la régularité de la procédure car ils n’avaient pas pu s’entretenir avec leurs clients au sortir de leur garde à vue. Après l’annulation de l’audience, le parquet a indiqué avoir l’intention de réclamer un nouveau procès.

Les quatre prévenus, trois hommes âgés de 22 à 35 ans et une femme de 47 ans, étaient poursuivis pour dégradations et pour le vol d’un chariot élévateur qui avait servi à enfoncer les portes en bois du ministère, rue de Grenelle à Paris, lors de l’acte 8 des Gilets jaunes.

Une intrusion violente dénoncée comme une «attaque inadmissible contre la République» par Benjamin Griveaux, qui avait été contraint d’évacuer ses bureaux. M. Griveaux a, depuis, quitté le gouvernement pour briguer la mairie de Paris.

Devant le tribunal, les avocats des quatre manifestants ont fustigé une «atteinte aux droits de la défense», en expliquant avoir été empêchés de s’entretenir avec leurs clients après leurs 48 heures de garde à vue et avant leur présentation au procureur.

Ils ont également dénoncé «une volonté de rendre une justice spectacle», reprochant au parquet d’avoir demandé à juger ce dossier «de plus de mille pages» en comparution immédiate plutôt que de prendre le temps de confier l’enquête à un juge d’instruction.

Ce procès avait déjà été renvoyé deux fois.

«Dans ce dossier, la justice a été instrumentalisée au service des forces policières», a réagi à l’issue de l’audience Bérenger Tourné, l’avocat d’un des prévenus.

«Le parquet a voulu aller trop vite, c’est assez symptomatique de ce qui se passe depuis le mouvement des Gilets jaunes», a réagi Martin Mechin, conseil d’un autre mis en cause. «Même s’il y a des tensions, des incidents dans la rue, il y a des règles de droit à respecter.»

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