Contrairement aux propos du ministre de l’Intérieur – qui ont provoqué une onde de choc dans l’opinion – les Gilets jaunes n’ont pas «attaqué» l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Pris dans les gaz lacrymogènes, ils y ont trouvé refuge.

Des Gilets jaunes «attaquent» un hôpital et son service de réanimation : cette image s’est imprimée dans la conscience de nombreux Français après avoir été reprise en boucle sur les chaînes d’information en continu au soir du 1er Mai. «Un hôpital pris pour cible», écrit à titre d’exemple BFM TV, dans l’un de ses bandeaux.

A l’origine de cette information, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui a publié un tweet accentuant l’idée d’une violence qui se voudrait aveugle au sein du mouvement des Gilets jaunes. «Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant. Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger», a-t-il écrit, déchaînant une vague d’indignation contre les Gilets jaunes.

Pourtant, si cette image sert le dessein d’un gouvernement qui ne parvient pas à éteindre le feu de la contestation sociale, elle est en revanche bien loin de rendre hommage à la vérité. En effet, dans la soirée du 1er Mai, puis dans la journée du 2 mai, de nombreux témoignages ont afflué pour venir contredire catégoriquement ce qu’il faut bien qualifier de mensonge d’Etat.

«Pas de débordement», selon les personnels soignants

Selon les témoignages suivants, qui proviennent des personnels hospitaliers, des Gilets jaunes, mais aussi de nombreuses vidéos des événements, il apparaît que les manifestants ont pénétré dans l’enceinte du complexe hospitalier pour échapper au nuage de gaz lacrymogènes. Quelques instant plus tard, pourchassés par des policiers qui n’hésitent pas à leur mettre des coups de matraques, les Gilets jaunes ont emprunté un escalier extérieur menant vers la sortie de secours du service de réanimation. Ils ont alors tenté – sans agressivité – de rentrer pour se mettre à l’abri, mais le personnel a fermé la porte. Ils ont alors fait demi-tour dans le calme.

«C’était plutôt calme, pas de débordement», explique un des personnels soignants présent sur place, réfutant la thèse selon laquelle du matériel avait été dérobé. «L’équipe n’est pas du tout choquée», répond-il à un journaliste qui lui demande comment il se sent. «On ne s’est pas en senti en danger plus que ça. […] Nous voulions sécuriser nos collègues, le matériel, les patients en priorité et les familles», renchérit une aide soignante, avant de recadrer un journaliste qui lui dit qu’elle a «l’air marquée».

Dans un message publié par le journaliste David Dufresne, un Gilet jaune explique que les manifestants se sont retrouvés nassés au niveau du boulevard à côté de l’hôpital, et que les forces ont fait, à ce moment-là, un usage massif de gaz lacrymogènes. «On a tous essayé de s’extirper de là, mais c’était quasi impossible vu la foule. La douleur des lacrymogènes était extrêmement intense et plusieurs personnes à côté de moi se sont mises à vomir. Personne ne voyait rien si ce n’est une porte menant vers une zone verte qui ne semblait pas touchée», raconte ce manifestant.

«A un moment donné, des CRS sont arrivés en force dans l’allée et les BRAV [Brigade de répression de l’action violente] sont arrivés à toute vitesse de l’autre côté à moto, prenant en sandwich la quarantaine de personnes dans l’allée. Et commençant à en matraquer certains. C’est à ce moment que les personnes présentes ont paniqué et ont commencé à se replier vers l’escalier de secours», explique un autre témoin.

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