Mais il dort à l’hôpital pour le moment

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Le producteur de cinéma Harvey Weinstein a été reconnu coupable lundi 24 février d’agression sexuelle et de viol par le tribunal de Manhattan, après cinq jours de délibération. Il encourt désormais entre 5 et 29 ans de prison, mais évite la perpétuité. La sentence sera rendue le 11 mars.

Serait-ce le clap de fin pour le magnat d’Hollywood Harvey Weinstein ? L’ancien producteur a été reconnu coupable hier de deux agressions sexuelles par un jury de Manhattan. La première d’entre-elles date de 2006, « un cunnilingus avec recours à la force » sur son assistante de production Mimi Haleyi. Il encourt ici entre cinq et vingt-cinq ans de prison. La seconde affaire est « un viol sans recours à la violence » et concerne l’actrice Jessica Mann. Le producteur risque dans ce cas précis jusqu’à quatre ans de prison. Cependant, la perpétuité lui a été évitée en le disculpant de trois autres chefs d’accusation, notamment celui d’agression sexuelle en série. Au tribunal, le producteur déchu n’a cessé de clamer son innocence : « mais je suis innocent », répétait-il à ses avocats, qui comptent bien faire appel de la décision du jury. D’autant plus que Weinstein a toujours tenu à revendiquer une certaine ouverture envers les femmes tout en se défendant d’être un manipulateur, comme il l’a expliqué au New York Post en décembre dernier : « j’ai fait plus de films réalisés par des femmes et sur des femmes que n’importe quel autre producteur ». « Je ne parle pas de maintenant, au moment où c’est à la mode », poursuit-il, tout en concluant « j’étais le premier ! J’étais le pionnier ! ».

Harvey Weinstein, qui se voyait alors comme un véritable progressiste avide de parité hommes-femmes dans le milieu du cinéma, avait pourtant nombre de comportements déplacés à l’égard de la gente féminine. L’accusatrice Jessica Mann, qui rêvait alors de devenir une grande actrice hollywoodienne, avait décrit, auprès du jury le 31 janvier dernier, les sévices que le producteur lui aurait imposé : « tu aimes ma grosse bite juive ? », lui demandait-il. « C’était dégradant », affirmait la jeune femme, avant de décrire un homme à l’hygiène plus que douteuse et « qui sent la merde ». Elle avouera même avoir été prise de pitié, au début, pour son prédateur : « la première fois que je l’ai vu tout nu, j’ai ressenti beaucoup de compassion. […] Ses parties génitales étaient déformées, avec des cicatrices partout, comme un grand brûlé. Il n’a pas de testicules, on dirait même qu’il a un vagin, j’ai pensé qu’il était intersexe ». Mais la crainte a rapidement repris le dessus, en décrivant un homme « si puissant qu’il pouvait appeler devant [elle] Bill ou Hillary Clinton », dont il a plusieurs fois financé les campagnes.

Certains pensent alors que la culpabilité déclarée de Harvey Weinstein pourrait représenter un véritable tournant à travers la jurisprudence qui pourrait suivre cette affaire. Le vieux producteur de 67 ans, arrivé en déambulateur au tribunal n’a pas dormi en prison et a été transféré d’urgence à l’hôpital, il souffrirait de « douleurs à la poitrine », « d’hypertension et de palpitations cardiaques », selon un porte-parole. Nous n’avons plus qu’à lui souhaiter un prompt rétablissement, afin qu’il puisse retourner à la prison de Rikers Island en pleine forme.

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