Une promesse de plus non tenue...

Dans le cadre du grand débat national, le Président de la République et les principaux membres du gouvernement avaient promis d’aller à la rencontre des Français, d’écouter, de dialoguer, ou encore de recueillir leurs avis, en total « transparence ».

Lancé le 15 janvier 2019, dans le contexte unique du mouvement des Gilets Jaunes, Le gouvernement entendait faire remonter les souhaits des Français autour de quatre thèmes : transition écologique, fiscalité, démocratie et citoyenneté, organisation de l’État et des services publics. Pour cela, des cahiers de doléances avaient été mis en place pour permettre aux Français d’écrire ou de déposer leurs propositions. Toutes ces propositions remontées de toute la France devaient être numérisées, et mises en ligne. Elles devaient de ce fait être consultables et accessibles à l’avenir. Voilà pour les promesses affichées.

Un an après, ce « grand débat » aura surtout été une énorme tribune médiatique pour le Gouvernement, quelques semaines avant les élections européennes. Plusieurs rencontres entre les citoyens et nos gouvernants avaient été organisées entre le 15 janvier et le 15 mars 2019. Ces rencontres avaient été relayées des heures durant, en direct, par toutes les chaînes d’information en continu. Macron et ses acolytes avaient monopolisé la parole. Pire encore, les cahiers de doléances qui avaient servi à recueillir les propositions des français n’ont pas été mis en ligne comme promis, et ne le seront jamais.

Mensonges sur les cahiers de doléances

Début janvier 2019, le gouvernement estime qu’entre 3.000 et 5.000 communes regroupées dans l’Association des maires ruraux de France (AMRF), soit une commune sur neuf, ont mis un cahier de doléances à disposition des habitants. Dans une note ministérielle, les préfets indiquent que les thèmes les plus récurrents sont les avantages des élus, la fiscalité et le pouvoir d’achat, la limitation à 80 km/h sur routes, l’abandon des territoires ruraux et l’immigration. Des « propositions citoyennes » y sont exprimées pour donner des idées nouvelles aux élus.

D’après une enquête de France Télévisions en Corrèze à la mairie de Tulle (ancienne mairie de François Hollande), ces cahiers de doléances sont actuellement conservés dans des cartons nichés au 3e étage, sur une étagère. Pour consulter les doléances de ce département, il convient donc de se rendre dans chacune des 101 Archives départementales pour demander chaque cahier, un par un. Idem pour les 16.337 cahiers répertoriés sur le territoire national. Pour en avoir une vue d’ensemble, il faudrait donc faire le Tour de France !

« J’ai trouvé que c’était une très bonne initiative à la base. Les gens pouvaient s’exprimer et dire exactement ce qu’ils attendaient du gouvernement » se souvient Corinne Boussu, maire (sans étiquette) de Saint-Geniez-ô-Merle, en Corrèze. Mais lorsqu’elle cherche une trace de son cahier sur le site du Grand débat… Rien ! « Aucun retour, aucune transparence. J’étais optimiste et aujourd’hui je suis un peu déçue quand même » constate-t-elle amèrement.

Sur le site du Grand débat, le gouvernement publie bien une (sa ?) synthèse issue, entre autres, des cahiers citoyens mais pas l’intégralité des contributions comme il s’y était pourtant engagé. Le site indique d’ailleurs encore que : « Les cahiers citoyens ouverts dans les mairies seront mis en ligne sous licence libre. »

Problème technique ou problème d’argent ?

Pourquoi cette mise en ligne, cette numérisation des cahiers, n’a-t-elle jamais eu lieu ? Les préfectures, après avoir récupéré les cahiers, les ont pourtant transmis à la Bibliothèque Nationale de France (BNF) pour qu’ils y soient numérisés. Ces données, l’État les a gardées pour lui et ne les a jamais publiées sur Internet. Le cabinet de Sébastien Lecornu, ministre qui coanimait le Grand débat, avance des problèmes techniques. « Les cahiers citoyens représentent des téraoctets de données, les héberger en permanence sur le site aurait été trop lourd à mettre en place » s’est-il justifié. Relancée par France TV, la directrice des Archives départementales de Corrèze a fini par reconnaître que la promesse de mise en ligne aurait coûté plusieurs millions d’euros et que ce renoncement était donc aussi financier.

Des explications qui ne convainquent pas le gérant de Cognito Consulting, l’une des trois entreprises mandatées par le gouvernement pour traiter les contributions. « On ne nous a jamais parlé de cette raison-là à l’époque. Je ne pense pas qu’elle soit pertinente puisque l’ensemble de nos données tenaient sur nos ordinateurs. Le problème c’est qu’on ne peut plus faire d’analyses sur ce corpus, qui est un trésor national. On n’a jamais collecté autant d’expressions citoyennes en France. C’est dommage » réplique Gilles Proriol.

Une fin en queue de poisson donc, pour ces cahiers de doléance, qui confirme une fois de plus ce qu’avaient pressentis bon nombre de Gilets Jaunes au début de l’année 2019 : ce Grand Débat n’était qu’une grande illusion.

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Quand j’ai vu les tas d imbéciles heureux avec à la tête les petits maires les petits administrés les petits responsables des conseils municipaux régionaux et nationaux participer à la grande illusion je me suis dit que le pays était foutu .AMEN !

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