Lors de la conquête des territoires américains, les colons européens auraient exterminé près de 56 millions d’amérindiens.
Ce 4 juillet, fête nationale des Etats-Unis, en pleine crise de la covid-19, Donald Trump se rendait au mont Rushmore pour commémorer l’Indépendance du pays. Seulement, cette visite semble avoir relancé une polémique qui ne date pas d’hier. Le monument, bâti sur une terre sacrée amérindienne, est perçu par certains comme un symbole du colonialisme européen sur les premiers autochtones. À tel point que des chefs amérindiens réclament régulièrement le retrait du mémorial.
14 millions d’amérindiens exterminés par les colons aux USA
Cet épisode permet de revenir sur la fondation et l’expansion des Etats-Unis, devenus aujourd’hui la première puissance mondiale. L’actuel territoire de l’oncle Sam regroupait avant l’arrivée des colons plus de 1000 tribus. Après les guerres et les épidémies apportées par les européens, il n’en reste aujourd’hui plus que 566. À cette époque, près de 20 millions d’autochtones occupaient ces terres, soit 4% de la population mondiale. Aujourd’hui, les descendants de ces peuplades ne sont plus que 2.9 millions, soit 1.5% de la population américaine, et 0.03% de la population mondiale. Au temps de la conquête de l’ouest, on estime qu’environ 14 millions d’amérindiens auraient été massacrés.
L’évolution du peuplement des « Native Americans » ou « Indiens d’Amérique » de 1776 à nos jours, par Claudio Saunt de l’université de Géorgie. En rouge, les réserves : pic.twitter.com/p60x5LYOAm
— Olivier Varlan (@VarlanOlivier) November 25, 2019
Un génocide qui ne veut pas dire son nom
Si on élargit ces considérations à tout le continent américain, ce sont même près de 56 millions d’autochtones qui ont été exterminés par les colons européens. Le massacre aurait été d’une telle violence qu’il aurait fait baisser la température de la planète, selon une étude. Même si les maladies importées d’Europe ont joué un rôle prépondérant dans la chute démographique de ces populations, les massacres organisés par les colons ont tout de même tout d’un génocide. Seulement, à l’heure actuelle, aucun gouvernement du continent ne consent à reconnaître ce fait historique. La propagande hollywoodienne a même régulièrement dépeint les colons comme des héros attaqués par de « sauvages » indiens. Une inversion totale des rôles par rapport à la réalité historique.
Ethnocide plutôt que génocide ?
Certains anthropologues et historiens préfèrent parler d’ethnocide. Ce phénomène consiste à assimiler complètement un peuple à sa propre culture. En d’autres termes, les colons n’auraient pas anéanti physiquement les amérindiens, mais ils auraient anéantis leur culture et leur fonctionnement institutionnel. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, les indiens d’Amérique sont encore souvent rabaissés au rang de « sauvages » et leur culture et leur mode de vie restent dépréciés par rapport à notre « glorieuse » civilisation occidentale. Cette doctrine se retrouve encore particulièrement en Amérique latine et en particulier au Brésil. N’en reste pas moins que des massacres de population purs et simples ont bel et bien eu lieu et que ceux-ci ne bénéficient aujourd’hui que très peu de reconnaissance.
Des populations minées par la pauvreté
L’héritage de cette histoire dramatique semble aujourd’hui n’avoir laissé aux amérindiens que de faibles perspectives d’avenir. Aux Etats-Unis, dans les réserves indiennes, la majorité des populations vivent sous le seuil de pauvreté. L’alcoolisme, le tabagisme et le suicide grimpent à des niveaux extrêmement élevés. De plus, le gouvernement américain exerce de plus en plus de pression sur ces territoires et espère les récupérer. Au Brésil, les indigènes se trouvent de plus en plus menacés, à mesure que le gouvernement rogne leur territoire et que leurs populations sont persécutées. Sur le continent, les rares États prenant la défense des indigènes subissent une déstabilisation constante. Citons par exemple, la Bolivie, où le président d’origine indigène a récemment subi un coup d’Etat, où encore le Venezuela où les gouvernements chavistes ont largement œuvré à sortir les autochtones de l’extrême pauvreté.
Le Média pour Tous