Le ministre de la Transition écologique, dans la tourmente en raison de dîners gastronomiques et de travaux aux frais du contribuable, a été convoqué par le Premier ministre le 11 juillet à Matignon. Edouard Philippe demande «une inspection».

Le ministre de la Transition écologique a dû écourter son séjour dans les Deux-Sèvres le 11 juillet où il devait effectuer des visites de sites pour gagner la capitale, attendu à Matignon par le Premier ministre Edouard Philippe. Il n’a pas pu assurer le programme prévu dans son agenda, sommé de rentrer pour s’expliquer sur ses frais de bouche extravagants alors qu’il était président de l’Assemblée nationale. L’écologiste a également été contraint de s’expliquer sur les 63 000 euros de travaux dans son appartement payés avec de l’argent public.

S’entretenant pendant plusieurs heures avec le Premier ministre, François de Rugy a annoncé à sa sortie qu’il ne voulait laisser «aucun doute» et «s’engageait à rembourser chaque euro contesté». Le ministre de la Transition écologique s’est par ailleurs dit prêt à soumettre à «une autorité de contrôle de l’Assemblée» nationale les frais engagés pour des dîners lorsqu’il en était président.

Je suis élu depuis 2001, j’ai toujours rendu des comptes aux Français

De son côté, Edouard Philippe a demandé au secrétariat général du gouvernement de diligenter «une inspection» afin de vérifier que les travaux entrepris dans le logement de fonction ministériel de François de Rugy se conformaient au «respect des règles» et «au principe d’exemplarité», a annoncé Matignon.

La polémique est née après des révélations de Mediapart sur le train de vie fastueux de François de Rugy. Le site d’investigation a mis au jour une dizaine de dîners en grande pompe, organisés entre octobre 2017 et juin 2018.

Ces réceptions dédiées à l’occupant du perchoir, comptaient entre dix et trente convives dans les salons de l’hôtel de Lassay, dans le 7e arrondissement de Paris, issus du monde de la communication, du journalisme, du cinéma, de la télévision ou de la finance. Le personnel était réquisitionné et servait homards, champagne et grands crus issus directement de la cave du palais Bourbon, comme le prouvent des clichés mis en ligne par Mediapart. Le ministre s’est défendu, expliquant sur France Inter qu’il était légitime pour un président de l’Assemblée nationale ou un ministre de rencontrer «dans un cadre informel des responsables d’entreprise, de la culture, de l’université». «J’assume que cela puisse se faire dans des dîners», a-t-il ajouté. L’autre point sensible révélé par le journal en ligne concerne le logement social à Paris de sa directrice de cabinet, Nicole Klein, qu’elle a conservé alors même qu’elle ne résidait plus dans la capitale.

Contesté pour son train de vie… et pour ses décisions pour l’environnement

La directrice a, depuis, annoncé son départ mais les ennuis continuent pour le ministre, mitraillé de questions lors de son déplacement dans les deux-Sèvres. «S’il y a des erreurs d’appréciation de ma part, je serai tout prêt également à les corriger, c’est normal, ce sont les comptes que l’on doit rendre aux Français. Je suis élu depuis 2001, j’ai toujours rendu des comptes aux Français», a-t-il déclaré à des journalistes, précisant qu’il continuerait son «travail pour l’écologie à la tête de ce ministère».

Avant son entrevue précipitée à l’hôtel de Matignon, il a dû faire face à Niort à quelques dizaines de militants écologistes, communistes et solidaires, qui se sont rassemblés devant la préfecture où il était reçu pour le déjeuner. Les militants ont brandi un grand homard géant gonflable. Le ministre a été accueilli aux cris de «on veut du homard» et «François démission».

Le collectif est opposé au projet de seize stockages d’eau le long de la Sèvre niortaise. Elles seraient remplies du pompage en hiver depuis les nappes souterraines et seraient destinées à des cultures intensives en été, favorisant ce type d’agriculture gourmande en pesticides. Elles représentent un danger pour l’approvisionnement en eau potable, le débit des rivières, le remplissage des zones humides et la biodiversité, pour un coût exorbitant de 72 millions d’euros.

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