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Notre société est divisée, personne ne peut le nier. Les gouvernements se succèdent d’ailleurs pour tenter de remédier au fractionnement de notre société : lutte contre les inégalités femmes-hommes, lutte contre le racisme et l’antisémitisme, lutte contre l’homophobie, etc… Notre époque se caractérise par la lutte, la dernière en date étant la lutte contre le réchauffement climatique. Ce qui nous intrigue particulièrement, c’est que cette lutte se pare de concepts humanistes à priori sans reproches : tolérance, égalité, fraternité, amour. Bref, tout pour plaire. Alors, pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas ?

Un ennemi à abattre : l’homme blanc, cis-genre et hétéro.

Le problème avec de telles luttes, dont les intentions sont initialement louables, est qu’elles désignent nécessairement un ennemi. Il faut alors mettre hors d’état de nuire cet ennemi, car c’est lui qui nous empêche de mettre fin à ces inégalités et à ces discriminations.

• Qui oppresse les femmes ? Les hommes.
• Qui oppresse les étrangers ? Les blancs.
• Qui insulte et agresse les personnes homosexuelles ? Les hétérosexuels.

En somme, le responsable des divisions au sein de notre société c’est le fameux homme blanc et hétéro. Il faut donc se débarrasser d’un type d’individu qui représente environ la moitié de la population européenne. Et c’est bien là le premier écueil : des communautés d’individus se plaignent de souffrir d’exclusion au sein de notre société. Bien que ces communautés soient minoritaires, leurs revendications trouvent de l’écho auprès d’une partie de la population. Mais leurs revendications aboutiront logiquement à l’exclusion de tous les hommes blancs et hétéros, car c’est lui qui a créé cette société. C’est le serpent qui se mord la queue : “je suis exclu(e) donc j’exclu quelqu’un d’autre pour ne plus l’être.” A ce sujet, voir l’analyse de l’université d’Evergreen aux Etats-Unis par le Youtubeur “Sanglier Sympa”.

 

 

 

 

 

 

Rien de neuf, me direz-vous. Effectivement.

Le recours à des catégories artificielles : l’idéologie prend le pas sur le réel

Cependant, l’autre effet de ces différentes luttes c’est aussi de faire des rapprochements qui n’ont pas lieu d’être. Ainsi, toutes les femmes sont mises dans le même panier. Tous les étrangers également. Idem pour les personnes homosexuelles (ou LGBTQ+ comme il faut les appeler maintenant), au nom d’une cause qui les transcenderait.
Il y a alors eu la transposition du mode de pensée marxiste de la lutte des classes, qui était une lutte sociale, aux luttes sociétales (féminisme, antiracisme, homophobie). En effet, la lutte des classes prend le parti de rassembler les ouvriers avec les ouvriers, les paysans avec les paysans, les salariés avec les salariés etc… Le tout contre les patrons, qui sont eux aussi mis dans le même panier. Sans prendre en considération des situations très diverses : entreprise familiale, groupe national, multinationale,… Or, il est évident qu’un salarié ne sera pas traité de la même manière au sein d’une entreprise familiale qu’au sein d’un grand groupe régional, national ou multinational.
De la même manière, le féminisme se veut le rassemblement de toutes les femmes, que celles-ci soient mariées ou non, mères ou non ; l’antiracisme veut rassembler arabes, noirs et asiatiques, alors que chacun de ces groupes ethniques a des particularités qui lui sont propres et que certaines communautés se haïssent entre elles ; les communautés LGBT quant à elles veulent rassembler aussi bien le gay, que celui qui se dit femme un jour et homme le lendemain : ce qui n’a plus rien à voir avec une simple attirance sexuelle, mais relève d’un trouble identitaire important.

Au-delà de ces premières considérations problématiques, le logiciel de pensée marxiste est loin d’être pertinent dans toutes les situations, ce qui impacte alors les luttes qui utilisent ce logiciel de pensée.

L’impasse du logiciel intellectuel de la lutte des classes

Voici ce que dit Gustave Thibon de l’inexactitude de la lutte des classes :

« Il y a, en un sens, communauté de destin entre un paysan de Provence et un paysan de Picardie, entre un ouvrier métallurgiste des usines Fiat et un ouvrier métallurgiste des usines Renault. (…) Ces hommes appartiennent à la même classe sociale, ils font les mêmes travaux et mènent à peu près le même genre de vie. Leurs destinées se ressemblent. C’est sur cette communauté de ressemblance que s’appuient certains mouvements sociaux, comme des ligues ouvrières ou patronales, et surtout l’idéologie de classe.
Malgré leurs destinées semblables, les hommes dont nous venons de parler restent séparés les uns des autres. Si le paysan de Provence voit sa récolte détruite par une inondation, si le manœuvre de chez Fiat est victime d’une catastrophe, si le matelot du Pacifique sombre avec son bateau » alors « le paysan picard, l’ouvrier de Billancourt et le matelot qui vogue en Méditerranée n’en seront pas autrement affectés. »

« Prenons au contraire deux paysans associés qui exploitent la même ferme, ou le chauffeur et le mécanicien d’un même train, ou deux matelots à bord du même vaisseau » de fait « ces hommes ne vivent plus seulement l’un comme l’autre, ils vivent l’un par l’autre : leurs destins ne sont plus semblables, ils sont solidaires. Plus que cela, la solidarité des destins n’implique pas nécessairement leur ressemblance : le mousse et le capitaine du même bateau, l’ouvrier et le patron d’une entreprise aux dimensions humaines, le sujet et le prince d’un Etat bien constitué ont des situations sociales très différentes et ne vivent pas de la même façon ; ils sont pourtant intimement dépendants l’un de l’autre : mousse et capitaine, ouvrier et patron, sujet et prince pâtiront ou mourront ensemble si le vaisseau sombre, si l’entreprise s’écroule, ou si la nation subit un revers. »

Nous voyons bien que ce qu’écrivait Gustave Thibon, ce philosophe-paysan ayant vécu tout au long du 20ème siècle, est d’actualité. Le logiciel intellectuel que nous devrions utiliser n’est pas celui de l’opposition de deux groupes à priori différents, mais bien de rechercher leur complémentarité là où elle est possible. Ainsi, nous ne serions plus dans la revendication de droits plus ou moins abusive, mais dans la recherche de solutions à des problèmes communs.
En outre, il est habituel pour nos contemporains de revendiquer des droits quitte à exclure d’autres personnes, ainsi la PMA pour les couples de femmes exclut-elle les droits de l’enfant à connaitre son père. Comment, avec une telle attitude, se réclamer de la tolérance et croire que nous montrons l’exemple ?

Le risque de telles revendications idéologiques : la mort de notre civilisation

Gustave Thibon voyait déjà en germe ces problèmes que nous connaissons aujourd’hui :

« Pour peu qu’elle s’érige en absolu », la communauté de ressemblance « engendre la division et le conflit : en unissant dans un même exclusivisme et le même esprit de revendication les membres d’une même profession ou d’une même caste, elle dresse les uns contre les autres des hommes fait pour vivre les uns par les autres. »

C’est pour lui le signe de la dislocation et de l’effondrement d’une société. En effet, Thibon remarque que « les monarchies et les féodalités se sont effondrées dès que les monarques et les seigneurs ont cessé de vivre avec le peuple et pour le peuple. Le patron qui ne partage plus le destin de ses ouvriers devient indifférent, voire hostile ou haï. Dès que les hommes sentent qu’ils ne dépendent plus les uns des autres au sein d’une unité qui les dépasse (famille, entreprise, nation, Eglise), ils se regroupent d’après leurs ressemblances en factions inorganiques qui se dévorent réciproquement. Il y a d’autant plus de ligues patronales qu’il y a moins d’entreprises saines, d’autant plus de revendication de classe qu’il y a moins de communion nationale. »

Comment ne pas voir la justesse de son propos, quand nous voyons chaque communauté réclamer des droits qui lui seraient dus ? Chaque religion minoritaire réclame un traitement qui lui serait propre et exclusif, les femmes aussi, les personnes homosexuelles et nous voyons apparaître chaque jour de nouvelles « factions inorganiques qui se dévorent réciproquement ». Alors que faire ? Faut-il se dire qu’il s’agit du sens de l’histoire ? Non, nous ne pouvons pas nous résoudre de voir notre pays, notre rapport au travail et à la famille se disloquer pour n’être que des lieux d’opposition fratricide. Il nous faut œuvrer à retrouver cette « communauté de destin » décrite par Gustave Thibon, en opposition aux « communautés de ressemblance » qui ne sont que l’expression communautaire de l’assouvissement de désirs individualistes.

Face au morcellement de notre société, ne pas baisser les bras

A nous, qui sommes pères et mères de familles, maris et femmes, de (re)prendre conscience de la nécessaire complémentarité de chacun des parents et conjoints : avec nos forces et nos faiblesses. Nous pouvons évidemment admettre l’égalité en droit des hommes et des femmes, sans pour autant nier nos différences comportementales, physiques et psychologiques.

A nous, qui sommes salariés ou chefs d’entreprises, de (re)prendre conscience que nous sommes tous dans le même bateau et de retrouver l’amour du travail bien fait. Une bonne hiérarchie n’est pas celle qui écrase pour montrer qui est le plus fort, mais celle qui sait être juste, tant dans les sanctions que dans les promotions. A tous ces salariés à qui le patron arroge du pouvoir sur les autres salariés : ne soyez pas la petite racaille qui se croit chef en abusant de son pouvoir, alors que vous tremblez au moindre entretien individuel avec votre patron.

A nous, personnellement, de réinvestir toutes les communautés naturelles et de redonner l’exemple d’une société où les revendications intempestives n’ont pas leur place, car rendues obsolètes par une véritable communauté de destin. Réinvestissons donc les communes, les associations sportives et culturelles, les paroisses, nos entreprises et surtout nos familles !

Car si nous ne proposons pas de modèle alternatif à cette société des droits pour tous et contre tous, nous ne pourrons qu’être les témoins de l’effondrement de notre pays.

Le mot de la fin ira encore une fois à Gustave Thibon qui cite Vauvenargues :

 

« Nos paysans aiment leurs hameaux, écrit excellemment Vauvenargues, les Romains étaient passionnées pour leur patrie pendant qu’elle n’était qu’une bourgade. (…) Les Hommes ne sont pas nés pour aimer les grandes choses ou plutôt, reprend Thibon, ils sont nés pour aimer les grandes choses à travers les petites. »

 

Cet article a été proposé par Gaëtan PONTIER. Vous aussi, proposez-nous un article !

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Bibliographie : toutes les citations de l’article sont extraites du livre “Les Hommes de l’éternel” aux éditions MamE, qui est un recueil de conférences données par Gustave Thibon tout au long du 20ème siècle.

Pour aller plus loin :
“Diagnostics”, Gustave Thibon.
“L’ignorance étoilée”, Gustave Thibon (recueil d’aphorismes).

Gustave Thibon est un philosophe dont la particularité est d’avoir été dans le même temps… paysan ! Originaire d’Ardèche, sa famille fait partie de la paysannerie dans leur demeure familiale depuis le 17ème siècle. Gustave Thibon est connu notamment pour ses aphorismes.
Il vécut de 1903 à 2001. Il fut le témoin privilégié du basculement de la civilisation occidentale traditionnelle vers la marche forcée et effrénée de la mondialisation.

Grand défenseur d’un mode de vie enraciné, ses écrits allient philosophie et bon sens paysan, ce qui les rend très accessible et plaisant à lire.

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Georges Dubuis
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J’ai vécu cette névrose à Paris 8 Zoo de Vincennes comme nous l’appelions dans les années 70, la fac des prolos et la plaisanterie détestée de profs mao, trotsko & anarchistes, c’était qu’un cheval se serait inscrit & obtenu sa licence! Là , ils sont clairement monté d’un cran et l’encadrement judéo machin a reçu la monnaie de sa pièce marxiste, idéologie kafkaienne de l’UR plus que SS,idéologie du ressentiment par excellence, qui vient de l’entité qui veut dissoudre toute identité, capiche, le DR Dommergue l’a parfaitement identifiée, Weinstein, encore un autre, se ramasse 500 000 dollars au passage, génial.… Lire la suite »

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