Que s'est-il passé en coulisses ?

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Dans la journée d’hier, par souci de cohérence avec les mesures de confinement qu’il annoncera le soir même (fermeture des écoles…), Emmanuel Macron a souhaité reporter les élections municipales. Avant d’être « contraint » d’y renoncer ! Par qui ? Que s’est-il passé en coulisses ? Éléments de réponse.

Tout d’abord, parlons un peu du Coronavirus en France. Dans la journée d’hier, l’exécutif s’est réuni plusieurs fois pour évaluer la situation et préparer les mesures permettant de répondre au mieux à la vague épidémique qui se profile. Les données européennes concernant la progression de la pandémie de coronavirus ne sont guère réjouissantes. La situation italienne est catastrophique. Nos gouvernants ont les yeux rivés sur cette courbe de propagation du virus en Italie, devenue quasiment verticale. La France semble emprunter un chemin similaire avec une semaine de retard.

La France n’a, d’après les scientifiques, que quatre ou cinq jours de retard sur l’Italie. Il faut donc frapper fort pour « protéger les personnes vulnérables et l’hôpital » et suivre l’Italie sur des mesures de confinement.

« Les voyants étaient au rouge », témoigne un conseiller ministériel. « Les remontées montrent que les pays suivent tous la même tendance », complète un autre, citant les mesures drastiques prises au Danemark qui a suspendu dès mardi certaines liaisons aériennes. Tous les pays d’Europe prennent des mesures plus ou moins drastiques. La République Tchèque a par exemple décrétée hier un état d’urgence de 30 jours et fermé totalement ses frontières aux voyageurs des « zones à risque » (dont l’Allemagne et la France).

Conseillers scientifiques et mesures fortes attendues

Emmanuel Macron a la conviction qu’il doit annoncer des mesures fortes dans son allocution prévue à 20h. Jeudi midi, le Président pose une question sensible sur la table du “Conseil Scientifique” réuni à l’Élysée : faut-il reporter les élections municipales, dont le premier tour est prévu ce dimanche ?

Le conseil scientifique, installé depuis mardi par le chef de l’État, rassemble 10 experts (infectiologues, virologues…) et doit donner de l’assise aux décisions à prendre. Réuni jeudi à la mi-journée à l’Élysée, en présence d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe notamment, il doit répondre notamment à une question simple : faut-il appeler à un confinement total des personnes âgées et donc reporter les élections municipales du 15 et 22 mars ? Cette interrogation tourne depuis la matinée dans les hautes sphères de l’exécutif.

Macron a-t-il essayé de faire reporter des élections annoncées comme très difficiles pour LREM ?

Juridiquement, le cadre est en place : un décret est prêt, annulant celui convoquant les électeurs aux urnes les 15 et 22 mars, et reconduisant les équipes municipales en place jusqu’au 31 mars. Un projet de loi, à voter avant le 31 mars, est lui aussi dans les cartons, demandant à programmer de nouvelles élections avant la fin juin.

Aux différents micros médiatiques, les membres du gouvernement écartent tous néanmoins une fermeture des frontières. Mais tout est possible. Outre un décalage des élections, il est évoqué la possibilité d’un déclenchement de l’état d’urgence, voire de l’activation de l’article 16 de la Constitution offrant les pouvoirs renforcés au chef de l’État.

Mais peut-on dire aux enfants de rester chez eux et aux salariés d’opter pour le télétravail tout en accueillant les électeurs deux dimanches de suite dans des bureaux de vote ? Impossible, juge Emmanuel Macron, question de cohérence et d’efficacité. Il décide de reporter le scrutin pour circonstances exceptionnelles, avertit ses ministres, commence à consulter experts juridiques et politiques, et annonce sa décision aux scientifiques. Fin du premier acte. Il ne durera pas longtemps.

Qui étaient pour, qui étaient contre le report ?

Depuis Pau, le patron du MoDem François Bayrou, lui-même candidat dans sa ville, plaidait pour un report, s’appuyant sur les prédictions montrant une accélération de l’épidémie au moment du deuxième tour. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et celui de la Santé Olivier Véran semblaient plutôt sur cette ligne. Le Premier Ministre, Edouard Philippe, candidat au Havre, est plus mitigé et ne prend pas position.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand depuis sa circonscription du Finistère, ou encore le ministre des Collectivités Sébastien Lecornu se prononçaient quant à eux contre le report. La décision du report commence à sortir dans les partis politiques. Plusieurs grands élus organisent la riposte, tous camps confondus. Martine Aubry (PS) depuis Lille, Anne Hidalgo (PS) à Paris, le LR François Baroin, par ailleurs président de l’Association des maires de France, à Troyes, font tous savoir leur totale opposition. Alors que La République En Marche se dirige vers un fiasco annoncé dans le scrutin, un “ténor” de la droite croit y voir « un moment de panique » au sein de l’exécutif.

Fabius et Larcher aux manettes ?

Très vite, la droite s’insurge, Gérard Larcher en tête. Le Président du Sénat s’oppose au report des élections. Le Président de la République aurait consulté les chefs de partis tôt dans la journée mais n’aurait pas abordé l’annulation ou le report des élections avec eux. Ce serait un « déni de démocratie », une façon pour En Marche d’éviter une élection difficile, voire un « coup d’État » si l’article 16 de la Constitution, qui donne quasi les pleins pouvoirs au président de la République, était déclenché, selon Monsieur Larcher.

En fin de journée, l’exécutif consulte le Conseil constitutionnel, plus haute juridiction de France, et son président, Laurent Fabius, pour tester sa réaction en cas de recours de l’opposition contre sa décision… La réponse met fin à l’opération : la juridiction ne suivra pas forcément Macron, et ne lui donne aucune garantie. Emmanuel Macron revient au point de départ. Sans doute était-il trop tard pour tout chambouler au dernier moment. Le scrutin est maintenu. Il faut bien que nos politiques bien placés dans les sondages maintiennent coûte que coûte leurs ancrages régionaux  « Il est important dans ce moment d’assurer la continuité de la vie démocratique », affirmera le soir le Président Macron à la télévision.

Face à la levée de herse politique, Macron a finalement tranché une heure avant son allocution. Reportées virtuellement le temps de quelques heures, le Président s’est trouvé empêché essentiellement par Gérard Larcher, président du Sénat, et Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, de décaler le scrutin.

Les électeurs se déplaceront-ils dans les bureaux de vote, ce dimanche ? Rien n’est moins sûr.

Sources :

https://www.les-crises.fr/comment-larcher-et-fabius-ont-empeche-macron-de-reporter-les-municipales/

Le Bien Public

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Zora
4 mois il y a

Incroyable mais comment est-il possible qu’à l’époque où l’on parle encore d’invasion de virus on voyait encore apparaître la plus ans de cette pourriture de Fabius responsable du la contamination du sida si je me rappelle bien il n’est de rien et de quoi que ce soit et son avis encore pris en compte c’est lui qui concerne le président de la République alors actuelle ce mec n’est pas en prison pour tout ce qu’il a fait ce monde se barre vraiment en couille excusez-moi