Derrière la petite quinzaine de partis testés dans les sondages, plus d’une dizaine de listes devraient concourir.

POLITIQUE – Certains partis, comme le NPA, ou des personnalités politiques nationales installées, comme Jean Lassalle, ont jeté l’éponge. Est-ce à dire que le cercle des candidats aux européennes sera restreint?

Rien n’est moins sûr. Alors que les candidatures sont ouvertes jusqu’à 18 heures ce vendredi 3 mai, il semble certain que la barre des 20 listes sera franchie. C’était le nombre en 1999 pour la dernière élection au scrutin de liste nationale comme c’est le cas cette année. Il y a quelques semaines, le ministère de l’Intérieur anticipait même qu’il puisse y en avoir dix de plus. “En 2014, pour l’Île-de-France, il y en avait eu 31. On pourrait s’en approcher”, confiait un spécialiste des élections place Beauvau. En 2014, dans un schéma similaire au notre, 40 listes s’étaient présentées en Espagne!

Pour beaucoup, et même si la participation et l’engouement sont faibles, les élections européennes sont l’occasion rêvée de faire une irruption sur la scène politique nationale sans le filtre des parrainages d’élus comme c’est le cas pour l’élection présidentielle. En 2014, quand le scrutin se déroulait encore dans huit circonscriptions, 193 listes avaient été déposées, soit 24 en moyenne. Et tant pis si les scores sont infimes. Une vingtaine avaient obtenu moins de 500 voix, trois d’entre elles n’atteignant même pas la barre des 10 suffrages.

Une quinzaine de listes sous les radars ?

Quand on sait qu’à l’heure actuelle, les instituts de sondages ne testent qu’une grosse dizaine de listes (“la logique politique voudrait qu’on les teste ensuite toutes même si on les regroupe ensuite lors de la publication des enquêtes”, confie Bernard Sananes, fondateur d’Elabe), cela en fait au moins autant qui sont toujours sous les radars.

Il y a celles que des gilets jaunes tentent de constituer (après Francis Lalanne, Christophe Chalençon a indiqué avoir déposé la sienne ce jeudi), mais pas seulement.

On retrouve des mouvements ou partis qui ont une vocation européenne inscrite dans leur nom ou leur ADN. Déjà présents en 2014, le Parti fédéraliste européen et le mouvement Europe Démocratie Espéranto repartent cinq ans plus tard à l’assaut des urnes. Pour d’autres, les aspirations européennes sont moins évidentes: c’est le cas de l’Alliance royale, du mouvement Décroissance élection ou encore du Parti animaliste, qui peut compter sur des soutiens médiatiques.

Cinq ans après avoir rassemblé 40.000 suffrages (0,21% des voix) dans les huit circonscriptions, le Parti pirate tente lui aussi encore sa chance. “Nous sommes un parti politique européen avec un programme proche dans tous les États; dans certains pays comme la République tchèque, on est assurés d’avoir des élus. Notre candidature s’inscrit dans une logique globale. Et puis, ça va nous permettre de savoir où nous avons des sympathisants. Cela va être très utile pour les municipales où nous espérons être bien présents. Dès lors que nous avons les moyens humains de nous présenter, on se devait d’être là”, explique Florie Marie, la tête de liste.

Pas si facile de réunir 79 candidats

Sur le papier, les contraintes apparaissent limitées: pour constituer une liste, il faut convaincre 79 personnes (autant d’hommes que de femmes), peu importe où elles sont inscrites sur les listes électorales. Très facile quand vous êtes La République en marche et que vous recevez plus de 2000 candidatures.

Mais en réalité, ça l’est beaucoup moins. “Pour nous, c’était l’étape la plus difficile, concède la cheffe de file du Parti pirate. Motiver des gens quand vous n’avez aucune chance de gagner n’est pas simple”.

Surtout qu’avoir le nom des candidats ne suffit pas. “Il faut ensuite réunir tous les papiers, et c’est loin d’être facile, ajoute Sophie Caillaud, qui préside le parti Allons Enfants. Les cartes d’identité et les déclarations de candidatures signées, ça va encore, mais les attestations d’inscription sur les listes électorales avec le cachet de la mairie et la signature du maire, c’est dur. Ça a causé du stress jusqu’au dépôt de la liste la semaine dernière.” Depuis, ce parti qui ne présente que des moins de 30 ans et œuvre au rajeunissement des idées autant qu’à la création, est rassuré.

Après avoir reçu un récépissé du ministère de l’Intérieur, ils sont assurés d’être sur la ligne de départ le 26 mai. La liste définitive sera publiée dans la nuit de vendredi à samedi au Journal Officiel.

270.000 euros pour imprimer des bulletins

Le chemin de croix jusqu’aux urnes ne sera pas terminé pour autant. Un gros obstacle reste à franchir: imprimer les bulletins de vote et les faire suivre dans les départements. Le Parti pirate a calculé qu’il aurait fallu débourser 270.000 euros pour y arriver. “Si on avait cet argent, on préférerait acheter un local”, sourit Florie Marie qui milite pour le bulletin unique. “Notre système démocratique n’est plus du tout adapté”, dénonce aussi Sophie Caillaud dont le parti va dépenser entre 15 et 20.000 euros pour imprimer environ un million de bulletins et être présent dans un maximum d’endroits.

L’impossibilité pour ces listes d’atteindre la barre des 3% qui ouvre droit au remboursement des frais de campagne les empêche d’obtenir des prêts pour avancer l’argent.

Beaucoup de ces petites listes vont donc mettre à disposition sur Internet un bulletin que chacun pourra imprimer et glisser dans l’enveloppe le jour J. Mais il n’y aura bien évidemment pas de bulletin dans tous les bureaux de vote, ce qui réduira la visibilité de ces partis. Et s’ils pourront mettre en ligne la propagande électorale sur le site du ministère de l’Intérieur, ils n’ont pas les moyens de produire pour que l’État l’envoie par La Poste aux électeurs.

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