Comment l’État gaspille des milliards pour engraisser des cabinets privés au détriment de nos services publics


Les joies du néolibéralisme...


L’État ne cesse de se décharger de ses missions sur des organismes privés avec des milliards à la clef. Pendant ce temps, nos services publics se dégradent de plus en plus.

C’est une enquête de l’Obs qui a mis le doigt sur un phénomène qui prend de plus en plus d’envergure. Un processus complètement absurde où des gouvernements successifs, aveuglés par leur dogme de la concurrence et du néolibéralisme, ont délégué les missions de l’État à des cabinets privés. Du même coup, depuis vingt-cinq ans, nos dirigeants se sont échinés à détricoter nos services publics pour faire des économies…

« L’État est le problème »

Ce qui se passe dans tous les pays néolibéraux depuis l’époque Reagan a de quoi abasourdir n’importe qui. S’appuyant sur l’idéologie de l’ex-président américain qui pensait que « l’État n’est pas la solution à notre problème ; l’État est le problème » les gouvernements français se sont appliqués à démanteler l’État providence. Chaque année un peu plus de services publics échappaient ainsi au joug de l’exécutif pour atterrir dans les mains de cabinets privés.

Le culte de l’absurde

Dans une méthode kafkaïenne, et sur les conseils des organismes privés, la France rognait les budgets dévoués aux services publics pour payer ces mêmes entreprises. Pire, en agissant ainsi, elle provoquait de graves défaillances dans son administration, ce qui l’obligeait à confier de plus en plus de missions au privé. Bien évidemment pour des coûts plus importants et un service de moins bonne qualité.

Le désastre néolibéral

Naturellement, cette méthode a eu des résultats désastreux dans de nombreux secteurs stratégiques comme l’administration, la santé, l’école, la sécurité, la justice, l’environnement ou encore le numérique. On a encore pu le constater dernièrement avec la gestion de la crise du covid-19. Incapable de gérer la situation seul, l’État a ainsi signé pas moins de 26 contrats avec des cabinets de consultants en moins de dix mois.

163 milliards d’euros de services externalisés par l’État

Bien en peine de gérer la France seule, la République en Marche a d’ailleurs signé une incroyable quantité de contrats de stratégie, organisation et management… Selon la Cour des Comptes la France externaliserait ainsi près de 163 milliards d’euros de services. Sur cette somme, il faut compter 120 milliards pour la délégation de services publics, comme par exemple une partie de la distribution des eaux. Mais, bien plus choquant, l’État dépenserait pas moins de 43 milliards en « achat de prestations intellectuelles ». Autrement dit, le gouvernement utilise pas moins de 6% du budget de l’Hexagone pour obtenir des audits ou des études de cabinets privés. Études qui bien sûr enjoignent l’État à s’autodétruire un peu plus chaque jour.

Des fonctionnaires à bout de nerfs

Et pendant ce temps là les personnels publics sont débordés dans tous les domaines. Les hôpitaux et les écoles tombent en ruine, ce qui ne les empêchent pas d’être surchargés. De son côté l’administration a perdu pas moins de 200.000 postes. Et à force de tirer sur la corde, le gouvernement est donc obligé de faire appel à des cabinets privés pour soutenir ses agents submergés.

Cure d’austérité

Dans le sillage de l’Union Européenne et de l’intérêt des plus riches, tous ces cabinets embauchés par la France n’ont pas hésité à tirer sur l’ambulance et préconiser des cures d’austérité aux services publics, et en particulier à l’hôpital, secteur grandement déficitaire. Oublions au passage qu’un hôpital existe pour soigner les gens et non pas pour faire du profit… Une gestion purement comptable qui a débouché sur le désastre que l’on connait lors de la crise du covid-19.

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Des consultants à 4 000€ par jour

Et pendant ce temps, les fameux consultants ne suivent pas le même régime. L’exécutif n’hésite pas à les rémunérer grassement, très grassement même. Par exemple, fin 2018, les hôpitaux de Marseille signaient un contrat de conseil à 9.4 millions d’euros, avec certains consultants rétribués pas moins de 4 000€ par jour. Dans le même temps, on demandait aux mêmes établissements d’économiser le moindre euro sur leur fonctionnement. Bien sûr quand on est en pénurie de blouses, de lits ou même de papier toilette, il y a de quoi grincer des dents. D’autant que les conseils fournis par les cabinets privés n’atteignent pas souvent leurs objectifs.

Et si on revenait à l’État ?

S’il ne s’agit pas d’affirmer que toutes les études pour le service public sont inutiles, il faudrait tout de même entamer une véritable réflexion sur le rôle de l’État. D’autant que de plus en plus de fonctionnaires formés par la France se dirigent vers les cabinets privés où ils sont mieux rémunérés. Une situation qui peut engendrer des conflits d’intérêts, puisque certains n’hésitent pas à faire l’aller-retour entre le privé et le public. La modernité de la start-up nation selon Macron, sans doute…

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