Spoil : nos articles ne sont pas certifiés

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Addendum : quelques heures après la publication de cet article, la rubrique « Desinfox Coronavirus » a été retirée. Promis, nous n’y sommes pour rien !


Alors que Sibeth Ndiaye présentait le 30 avril dernier une rubrique nommée « Desinfox Coronavirus » sur le site du gouvernement, de nombreux journalistes ont dénoncé la défiance de l’État envers « une presse libre et plurielle ». Prétendant vouloir mettre en avant des « sources d’informations sûres et vérifiées », le gouvernement s’est attiré les foudres des journalistes, qui, après avoir signé massivement une tribune réclamant sa suppression, ont désormais saisit le Conseil d’État à travers le Syndicat national des journalistes (SNJ).

Des articles de presse triés sur le volet

Le 30 avril dernier, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye dévoilait une rubrique anti-« fake news » sur le site de l’exécutif : « la crise du Covid-19 favorise la propagation de fake news. Plus que jamais, il est nécessaire de se fier à des sources d’informations sûres et vérifiées », déclarait-elle sur Twitter. Sur cette page, il est indiqué que « des journalistes spécialisés démêlent le vrai du faux chaque jour. Cet espace dédié vous donne accès aux articles de médias français luttant, dans le cadre de la crise sanitaire, contre la désinformation ». Ainsi, plusieurs dizaines d’articles ont été préalablement sélectionnés et sont donc disponibles afin de pouvoir se prémunir du plus dangereux des virus : la désinformation. Mais qui valide ces articles ? Certainement pas l’exécutif, qui assure qu’en « aucun cas le gouvernement et l’État ne choisissent les articles de presse » présents sur leur propre site internet. En effet, il s’agirait plutôt « d’une recension […] de l’ensemble des fact-checking réalisés », selon Sibeth Ndiaye. La porte-parole a également précisé que cette page « a vocation à être supprimée une fois la crise terminée ».

Vers un retour d’un « ministère de l’information » ?

Malgré une initiative gouvernementale ouvertement engagée dans la lutte contre la désinformation, de nombreux journalistes et spécialistes de l’information sont montés au créneau. Arnaud Benedetti, professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne et rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire dénonçait au Figaro : « cette initiative gouvernementale traduit la grande fébrilité d’un pouvoir exécutif qui, faute de pouvoir censurer, se transforme en certificateur de l’information ». Il y dénonce également une « tentative maladroite d’en revenir à une forme de ministère de l’information », initialement créé sous la IIIème République sous le nom de ministère de la Propagande. Une telle initiative du gouvernement « dans ces circonstances ne fait que renforcer le soupçon de dissimulation qui pèse depuis des semaines sur son expression » conclut-il. Sibeth Ndiaye qui, rappelons-le, déclarait en 2017 « assume[r] parfaitement de mentir pour protéger le président », semble avoir enfin trouvé le « job » qui lui était prédestiné !

Une tribune signée par une trentaine de rédactions

Publiée le 3 mai sur le site de Mediapart, une tribune nommée « l’État n’est pas l’arbitre de l’information » et signée par plus de trente rédactions demande à ce que « cette rubrique soit supprimée sans délai ». Les signataires y « dénoncent avec la plus grande fermeté l’initiative gouvernementale », en rappelant que « la presse française est indépendante de l’État » et qu’elle doit même exercer « son rôle de contre-pouvoir ». « En distinguant tel ou tel article sur son site, le gouvernement donne l’impression, dans un mélange des genres délétère, de labelliser la production de certains médias », peut-on lire dans la tribune, soulignant également « la défiance qu’il nourrit à l’endroit d’une presse libre et plurielle ». Ainsi, il semblerait qu’il y ait finalement des limites à la soumission des journalistes des médias mainstream au gouvernement.

Le SNJ saisit le Conseil d’État

Lundi dernier, le Syndicat National des Journalistes a déposé un recours devant le Conseil d’État afin que l’exécutif supprime la page « Desinfox Coronavirus » du site du gouvernement. Par un communiqué, le syndicat demande le retrait pour « atteinte à la liberté de la presse et discrimination », justifiant « une condamnation quasi unanime de la profession ». Le SNJ a également dénoncé une liste qui « se résume à cinq grands médias », se questionnant alors « si les autres médias employant des journalistes ne faisaient pas, au quotidien, un travail d’information pluraliste que ce soit sur le Covid-19 ou tout autre sujet par ailleurs ». « Comme par hasard, on n’y trouve pas les informations contradictoires dénonçant la mauvaise gestion de cette crise sanitaire grave par le gouvernement », s’étonne à juste titre le SNJ. En effet, ne comptez pas trouver d’articles du Média Pour Tous sur la page « Desinfox » du gouvernement, allez savoir pourquoi…

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philippe
3 mois il y a

Je m’informe sur le Média pour tous …………………au moins ………………..il n’y a pas de journalopes

Vince-UPR28
3 mois il y a
Reply to  philippe

Ma TV est éteinte de