Lucides !

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Pour des eurodéputés polonais, la France n’est plus un modèle de démocratie, et, la police française ressemble à celle de pays totalitaires. Fidèles à cette image, hier, pour l’acte 65 des Gilets Jaunes, partout en France, les forces de l’ordre se sont montrées particulièrement dures envers les manifestants. 

Les relations diplomatiques entre la France et la Pologne ne sont pas au beau fixe. Plusieurs passes d’armes entre les gouvernements des deux pays de l’Union Européenne ont eu lieu ces dernières semaines, montrant qu’ils ne sont clairement pas sur la même longueur d’onde. Dernier épisode en date, des eurodéputés du parti au pouvoir en Pologne, le PiS (Droit et Justice), ont comparé la police française à celle de pays totalitaires.

Le 5 février, ils ont notamment dénoncé « la violence des autorités de la République française contre les citoyens » dans un courrier adressé à tous les eurodéputés, leurs demandant de soutenir leur appel à Emmanuel Macron. Dans cet appel, on peut lire ces lignes qui font directement allusion à la répression policière lors des manifestations de Gilets Jaunes, sans les nommer explicitement :« Battre des personnes sans défense, leur tirer dessus, utiliser une brutalité injustifiée contre des protestataires qui exercent leurs droits civils à la liberté de rassemblement et d’opposition aux politiques des autorités, viole les droits fondamentaux [de l’humain] et les principes démocratiques. » Le texte adressé au Président français condamne un « abus de pouvoir » et une « perte de toute mesure ».  Enfin, ces eurodéputés polonais n’hésitent pas à dire que les actions du gouvernement français envers les manifestants ne sont pas « différent du comportement de la police dans les pays totalitaires ».

« Nous n’oublierons jamais la solidarité de la société française envers […] les Polonais après l’imposition de la loi martiale en Pologne en 1981. A cette époque, la France était pour nous un modèle de démocratie. Aujourd’hui, c’est nous qui lançons un appel aux autorités de la République française ».

Cette missive survient donc dans un contexte de fortes tensions entre Paris et Varsovie. Lors d’un déplacement en Pologne les 4 et 5 février, Emmanuel Macron avait profité d’un discours devant les étudiants d’une Université pour critiquer les politiques du parti majoritaire polonais. Il s’était ainsi élevé contre « une résurgence nationaliste en négation des principes politiques européens ». 

La police française donne raison aux Polonais

Hier, samedi 8 février, l’interdiction de manifester était de mise dans plusieurs quartier de Paris. Les leaders des Gilets Jaunes avaient pourtant déposé un itinéraire, censé passer à proximité de plusieurs lieux de pouvoir dont l’Assemblée Nationale et l’Elysée. La manifestation a cependant été interdite par la préfecture de police, invoquant des risques de troubles à l’ordre public. Pour l’acte 65, plusieurs figures du mouvement, dont Eric Drouet, Maxime Nicolle ou encore Jérôme Rodrigues, ont bravé cette interdiction et ont eu maille à partir avec les forces de l’ordre. Ces derniers accusent les forces de l’ordre de restreindre leur liberté de mouvement, de les cibler spécifiquement, et de les interpeller « nominativement » alors qu’ils ne présentent plus leurs pièces d’identité.

Interrogé par RT France, Jérôme Rodrigues a manifesté sa vive colère à l’encontre des responsables politiques et du préfet de police de Paris, Didier Lallement : « Vous avez ici la gestapo de Lallement qui nominativement nous interdit d’aller à droite ou à gauche. On est dans un pays libre qui s’appelle la France. Si monsieur Lallement ne se souvient plus de ses cours d’éducation civique, qu’il retourne à l’école le grand. Cela lui fera grand bien. […] Je suis harcelé par Monsieur Macron, Monsieur Lallement, Monsieur Castaner. [désignant les policiers] Ça ce sont que des Playmobil avec lesquels on joue, pour appliquer des lois liberticides. » Il précise également qu’il n’y aura pas toujours 300 policiers pour protéger les personnalités susnommées. Le militant Gilets Jaunes les prévient aussi qu’ils devront répondre un jour de leurs responsabilités sur ce qu’ils ont fait.

Éric Drouet, quant à lui, a expliqué à l’AFP qu’il avait reçu une amende après un contrôle d’identité alors qu’il « regardait le menu du café ». Sur Twitter, la préfecture de police a fait état de sa verbalisation place du Palais-Royal, en mentionnant nommément le nom du Gilet Jaune dans sa publication. Enfin, Maxime Nicolle a pour sa part, été contrôlé et verbalisé par les forces de l’ordre, avant d’être embarqué.

Plusieurs affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont également eu lieu hier dans les rues de Bordeaux.

« Mais allez en dictature ! » Emmanuel Macron

En bloquant et en réprimant les contestataires, le gouvernement ne chercherait-il pas à étouffer définitivement le mouvement des Gilets Jaunes ? Plus tôt dans la semaine, Nathalie Loiseau, l’ancienne tête de liste de La République En Marche pour les élections européennes de 2019, avait répondu avec arrogance à la BBC : « Je suis surprise qu’un journaliste ne sache pas qu’il n’y a plus de grèves en France. » Relancée par le journaliste, Andrew Neil, sur les dernières manifestations de Gilets Jaunes, Nathalie Loiseau a ajouté : « Oui, et nous y avons survécu, même avec un plus fort taux de croissance économique. »

Pour elle, les Gilets Jaunes sont clairement du passé. Rappelons tout de même à Madame Loiseau que ce jeudi 6 février, selon des chiffres du Ministère de l’Intérieur,  il y a eu 121.000 manifestants contre la réforme des retraites dans toute la France, en hausse par rapport aux manifestations du 29 janvier.

Au vu de ces actualités, difficile de ne pas penser aux déclarations d’Emmanuel Macron, il y a quelques jours. « Mais allez en dictature ! Une dictature, c’est un régime où une personne ou un clan décident des lois. Une dictature, c’est un régime où on ne change pas les dirigeants, jamais. Si la France c’est cela, essayez la dictature et vous verrez ! La dictature, elle justifie la haine. La dictature, elle justifie la violence pour en sortir », avait déclaré le Président au micro de Radio J à son retour d’Israël le 24 janvier dernier.

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Mamie Doo
4 mois il y a

Il n’y a pas un seul pays au monde qui soit une démocratie. Pas un seul, même la Suisse qui dispose pourtant du référendum pour recueillir la voix des gens et diriger le pays avec la population et non contre elle systématiquement. Il est temps d’ailleurs d’arrêter de dire “peuple” mais de parler de “population” POPULATION … Sans connotation péjorative attachée au mot “peuple”, traîné dans les résidus de pensée fasciste des collabos de l’UE, entre autre et de cette oligarchie crasse qui pavane avec ses milliards et ses armes nucléaires … Cette caste de psychopathes qui ne pensent qu’à… Lire la suite »