Depuis quelques mois, sur fond de pandémie, de nombreuses voix s’élèvent face à la dérive autoritaire du gouvernement Macron. Des abus qui remontent d’ailleurs à bien avant cette crise…
Sans nier la gravité de la crise actuelle, ni en sombrant dans l’écueil de la « dictature sanitaire », il faut tout de même reconnaître que les circonstances actuelles ont parfois pu servir de prétexte au pouvoir en place pour asseoir sa domination. Ce constat ne date pas d’hier, puisque la lutte contre le terrorisme, et l’ampleur des manifestations connues par la France ces dernières années, a également servi de prétexte à la mise en place d’un certains nombre de mesures liberticides. Si le phénomène est, depuis longtemps, dénoncé par l’opposition, il fait également du bruit à l’étranger.
La France est-elle encore le pays des droits de l’Homme ?
Lorsque l’on évoque une dérive autoritaire, il convient néanmoins de ne pas tomber dans la caricature et évoquer comme l’ont fait certains une dictature ou un totalitarisme. Ceci dit, si la France n’est certes pas encore la Corée du Nord, de nombreux éléments présentés ces dernières années, et particulièrement ces derniers mois, ressemblent à un gros caillou dans la chaussure du pays des « droits de l’Homme ».
À l’étranger, notre image s’écorne
En dehors de l’hexagone, depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, l’image « de pays des lumières » qu’a historiquement la France, semble en tout cas en prendre un sacré coup. Cette semaine, le journal allemand Die Zeit, nous a même désigné comme un «absurdistan autoritaire». Dénonçant un bilan « catastrophique » de la crise, l’hebdomadaire teuton pointe entre autres du doigt, l’interdiction de vente de certains articles et la fermeture de nombreux établissements jugés non nécessaires.
#Covid19 : bienvenue en Absurdie#DieZeit pic.twitter.com/XHzLpFzl71
— RT France (@RTenfrancais) November 13, 2020
La conseil de défense, d’une main de fer
Le journal désigne également le rôle opaque du conseil de défense dans les décisions prises par le gouvernement. Sous couvert d’un «état d’urgence», ce conseil passe aujourd’hui en effet au-dessus du parlement français. Pour autant, la constitution prévoit bien l’usage de cet outil en cas de « crise majeure », mais beaucoup affirment que l’on parle ici d’un contexte militaire. Dans ce contexte, la déclaration de « guerre » d’Emmanuel Macron contre le coronavirus, parait un peu légère… D’autant que le conseil a déjà pris la liberté de s’occuper de sujets sans rapport avec la covid-19, comme l’écologie.
«La politique de Macron est quasi monarchique. Des décisions aux lourdes conséquences sont adoptées par un conseil de Défense qui comprend quelques ministres, des fonctionnaires et des officiers. Le Parlement n’a pas son mot à dire et ne peut entériner les décisions.» affirme Die Zeit
L’opposition elle aussi vent debout
À l’assemblée, où la Macronie n’écoute souvent qu’elle-même, cette façon de procéder fait hautement grincer des dents. On a ainsi entendu Les Républicains protester contre la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, déclenchant une colère noire d’Olivier Véran, ministre de la santé. De son côté la France Insoumise a même publié un document « choc » de 56 pages, relatant les divers comportements anti-démocratiques de la Macronie. Cette étude dénombre pas moins de « 8 lois liberticides en 3 ans », comme par exemple celle sur les fake news qui devait contrôler l’information.
Un autoritarisme qui ne date pas d’hier
Le prétexte de l’État d’urgence, n’a rien de nouveau. Son but, à peine dissimulé, est d’ailleurs d’entrer dans le droit commun, comme ce fut le cas pour l’État d’urgence sur le terrorisme. Déjà à ce prétexte, le gouvernement Hollande s’en était notamment pris à des militants écologistes . Quelques années plus tard, le gouvernement Macron traitait également les Gilets Jaunes comme des ennemis de la nation et éteignait le mouvement par la peur et la répression. Déjà à l’époque, les organisations internationales demeuraient stupéfaites d’un tel phénomène au pays de la liberté d’expression. L’ONU poussait même jusqu’à demander une enquête.
Une montée grandissante de la volonté d’une « vraie démocratie »
Pour couronner le tout, les attaques judiciaires menées contre les militants et l’opposition au Macronisme posent plus que jamais la question de l’indépendance de la justice… Le comportement de nos dirigeants parait d’autant plus dangereux que leur accès au pouvoir reposait plus sur une opposition à Marine Le Pen que sur une véritable adhésion. C’est d’ailleurs après une succession d’élections « de rejet », que le peuple français, à l’image des Gilets Jaunes, parait réclamer un pouvoir plus direct. Avec la crise, une évidente soif de démocratie est née.
Défiance envers les institutions…
Dans ce contexte, il n’est guère étonnant de voir le complotisme prospérer. En effet, en rompant le contrat de confiance entre le peuple et ses dirigeants, nos gouvernements successifs, et particulièrement celui d’Emmanuel Macron, ont fertilisé le terreau des partisans d’un monde binaire. Ainsi, à force de maltraiter (répression, coupes des budgets de services publics…) et de mentir à son peuple le gouvernement n’est plus cru sur absolument aucun sujet par bon nombre d’observateurs. Selon Die Zeit, la confiance de la population envers ses dirigeants serait d’ailleurs « la plus basse en Europe ».
… et les médias
Ayant soutenu avec démesure le candidat Macron, et à force de tirer toujours dans le même sens idéologique (parfois au prix de mensonges éhontés), les médias dominants ont également perdu toute crédibilité aux yeux des citoyens. Avec une telle conjoncture, une partie grandissante des Français ne croient plus un mot, ni du gouvernement (et plus généralement des politiciens), ni des médias de masse. C’est pour cela que toutes les tentatives de créer des médias citoyens, indépendants, sont les bienvenues et doivent être soutenues… sans toutefois verser – et c’est là tout l’enjeu – dans l’autre facilité : remplacer la doxa du système par une doxa alternative.
Chercher des pistes
Recréer une bulle informationnelle n’est pas la solution : rester connecté au réel, écouter tous les avis sans se prononcer forcément immédiatement, surtout en période de crise, ne pas céder à l’instantanéité de l’information, aller chercher l’information partout où elle se trouve, y compris en dehors de notre zone de confort intellectuelle : voilà ce qu’au Média pour Tous nous préconisons. Multiplier les sources d’information, les avis, les angles d’analyse pour mieux voir de quoi il en retourne et ne pas se jeter dans les bras des démagogues qui, par leurs discours binaires et simplistes, sont les premiers bénéficiaires de la crise de confiance des Français. Voilà le défi auquel nous sommes tous confrontés.
Courage !
Le Média pour Tous