Y'a-t-il eu des négligences dans les établissements pour personnes âgées ?

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Depuis le début de la crise du Coronavirus, plusieurs plaintes ont été déposées par des familles de victimes contre des établissements accueillant des seniors. Au total, plus d’une dizaine d’établissements seraient visés par des plaintes, et des enquêtes judiciaires ont été notamment ouvertes contre trois ehpad en région parisienne. Un collectif de famille s’est créé tout récemment pour faire entendre leurs revendications.

En France, de plus en plus de familles endeuillées par la perte de proches saisissent la justice à l’encontre d’ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). Ces familles dénoncent des manquements dans la prise en charge de personnes âgées face à l’épidémie du Covid-19. Parmi les principales critiques, on retrouve l’absence de prise en compte des gestes barrières et le manque de masques de protection.

Trois ehpad des Hauts-de-Seine sous le coup d’une enquête

Suite à cela, des enquêtes préliminaires ont été ouvertes par la justice concernant trois ehpad dans les Hauts-de-Seine a annoncé hier le parquet de Nanterre (92). Les enquêtes sont ouvertes pour « homicide involontaire », « non assistance à personne en danger » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Elles visent des établissements à Chaville, Clamart et Clichy-la-Garenne. « Elles concernent les décès survenus entre le 25 mars et le 12 avril 2020 d’un homme de 80 ans et de trois femmes âgées de 89 à 96 ans », précise encore le parquet dans son communiqué.

 

À Clamart, deux plaignantes disent avoir constaté « une détérioration des conditions de prise en charge des soins », à compter de l’année 2020. Toujours selon leurs plaintes, les familles ont alerté à de nombreuse reprises sur « l’absence d’utilisation de matériels de protection, tels que des gants et des masques, et le défaut de respect des gestes barrières ». Au total, huit résidents de cet Ehpad, propriété du groupe Korian, sont décédés du coronavirus peut-on également lire dans les plaintes déposées par les familles.

Ces enquêtes sont « la démonstration que nos plaintes ne sont pas fantaisistes », a affirmé  Me Fabien Arakelian, l’avocat des familles. Au total, Me Arakelian assure avoir déposé des plaintes contre onze établissements un peu partout en France. Une première enquête avait d’ailleurs déjà été ouverte par le parquet de Grasse dans les Alpes-Maritimes, le 21 avril 2020. Dans le viseur, un autre établissement du groupe Korian à Mougins (38), où l’on dénombre 38 décès liés au Coronavirus. « A un moment donné, il va falloir se poser la question du regroupement de ces plaintes », ajoute aussi l’avocat.

Naissance du Collectif 9471

Quelques familles se sont ainsi réunies dans une association baptisée “Collectif 9471”, en référence au nombre de morts recensés dans les ephad le 5 mai 2020, au jour de la création de l’association. Sa présidente, Olivia Mokiejewski, a elle-même perdu sa grand-mère décédée du coronavirus. C’est au cours d’un appel en visioconférence, le 20 mars, qu’elle constate des premières anomalies. Elle entrevoit à l’écran un employé de l’ehpad qui ne porte pas de masque et passe le téléphone de main en main sans le désinfecter.

« Il n’avait aucune protection, il était collé à ma grand-mère et à une autre résidente. Ce qui est très étonnant, c’est qu’ils étaient censés être confinés dans leur chambre, mais là, ils étaient dans le couloir », explique-t-elle auprès de BFMTV. Quelques jours plus tard, Olivia remarque chez sa grand-mère des signes de fatigue et une toux.  La direction de l’établissement lui assure néanmoins que tout va bien. Mais l’état de santé de la vieille dame se dégrade.

“Pourquoi toutes les familles qui portent plainte racontent la même histoire ?”

« Je vois les symptômes, elle tousse elle a mal à la tête, alors que de leur côté, ils sont toute la journée avec elle et ils ne nous disent rien. Quand on voit quelque chose on appelle un médecin on prévient les familles. Pourquoi on ne nous l’a pas dit ? Pourquoi toutes les familles qui portent plainte racontent la même histoire ? Pourquoi on a tous le sentiment qu’il y a eu un énorme problème dans la gestion de cette crise » poursuit-elle. « On l’a fait transférer à l’hôpital, ils lui ont fait un scanner et il s’est avéré qu’elle était en stade terminal du Covid-19. On nous a dit que si elle était arrivée plus tôt, elle aurait peut-être pu être sauvée », déplore encore la présidente du collectif.

Des accusations rejetées en bloc par l’avocat de l’établissement: « Aucune information n’a été cachée. Cette critique, qui est dirigée contre Korian, mais qui en réalité vise les personnels, est, pour ceux qui se sont battus jour et nuit, particulièrement douloureuse, particulièrement insupportable », lance Me Emmanuel Daoud, conseil du groupe Korian.

Avec son Collectif 9471, Olivia Mokiejewski compte apporter un soutien dans la défense des familles des victimes de ce qu’elle appelle une « hécatombe ».

Affaire à suivre.

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Picafaf
3 mois il y a

Faut quand même être vraiment culotté pour foutre son vieux dans un mouroir, et venir gueuler parce qu’il est mort.
Le français dans toute sa splendeur…

Avlula
3 mois il y a

C’est malheureux. Néanmoins la défense risque de ne pas avoir d’autre choix, pour atténuer l’accusation, que de prouver que le décès était naturel et inéluctable, en tout cas qu’il n’avait rien à voir avec un événement épidémique exceptionnel. Et ça, c’est bon pour tout le monde pour lutter contre la dictature “pandémique” qui est en cours. Par exemple : https://www.huffingtonpost.fr/entry/coronavirus-des-traces-reperees-sur-un-scanner-datant-de-novembre-a-colmar_fr_5ec22672c5b619670ad78ba0 => Vous êtes sûrs que si on scanne des poumons d’il y a 10 ans vous ne les étiquetteriez pas “Covid-19” aujourd’hui ? Un peu comme les papayes positives, ou les tests pré-contaminés… Et sinon vous nous rendez la liberté… Lire la suite »