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Chronique du Gaulois réfractaire au déni de réalité sociale

La chronique #1 pourtant expurgée de tout aspérité polémique ayant été vivement commentée sur les réseaux sociaux parfois très asociaux, le Gaulois réfractaire doit maintenant prouver à ses juges autoproclamés qu’il n’est ni raciste ni fasciste. Autant demander au diable de prouver qu’il n’est pas le diable !

Selon le fils d’un directeur de banque, le concept d’« immigration de masse » serait d’extrême droite donc sujet à caution et à rejet. C’est une opinion et toutes les opinions sont recevables, même les fausses. Et la meilleure façon de répondre à une opinion, c’est à coup d’informations.

Le concept d’immigration de masse, malgré l’opinion de bobos éloignés des ghettos immigrés dans lesquels ils n’ont jamais vécu, recouvre une réalité objective. Si un individu peut être raciste, la réalité n’a pas ce loisir : elle se contente d’être. Au-dessus de ces querelles droite/gauche ou bobos/prolos planent des statistiques démographiques indiscutables : la France, qui a toujours été un pays d’immigration à flux constant, a connu un premier coup d’accélérateur dans les années 1950 avec l’importation de plus d’un million de Maghrébins et de Portugais venus travailler dans les usines des Trente Glorieuses (automobile, bâtiment).

Le second coup d’accélérateur a été celui du regroupement familial décidé en 1976 par le président Giscard (la particule « d’Estaing » a été achetée). La France passe de 24 000 en 1977 à 90 000 entrées « familiales » en 2017, les économistes distinguant l’immigration de travail de l’immigration familiale. Les effectifs des immigrés extra-européens augmentent en flèche et leurs enfants dits « de 1ère génération (née en France) » sont naturalisés, régularisés, assimilés, intégrés, francisés… selon le principe du droit du sol. Si écrire ça est du fascisme, alors l’histoire de France est fasciste, Giscard est fasciste et Mitterrand un plus grand fasciste encore.

« La France accueille de très nombreux travailleurs immigrés à partir du milieu des années 1950 jusqu’en 1974 : en vingt ans, la population étrangère est multipliée par deux, de 1 765 000 personnes en 1954 à 3 442 000 en 1975. Dans les années 1950, la France entre en effet dans une phase d’expansion économique, mais sa population active s’avérant insuffisante, l’Etat encourage une immigration massive afin de fournir la main-d’œuvre manquante. » Fresques.ina.fr

Mitterrand, en s’attaquant au Parti communiste avec son nouveau Parti socialiste (SFIO jusqu’en 1969) sur la base du Programme commun de 1972, récupère progressivement le vote ouvrier. Il sera élu président en 1981 mais cette base électorale lui fera défaut après 1983, date du virage libéral incarné par le jeune Premier ministre Fabius, le Macron de l’époque. L’histoire se répète, seuls ses masques changent. Comprenant avec la politique de rigueur budgétaire qu’il ne pourra plus compter sur le vote automatique des 7,2 millions d’ouvriers (40% de la population active en 1970 contre 20% aujourd’hui, voir le graphique), Mitterrand réorientera ses efforts de communication vers l’électorat immigré, celui des Français fraîchement naturalisés. Le PS se tournera entre autres clientèles vers la « 1ère génération », les enfants de ces immigrés du travail venus sur le sol français 20 à 30 ans auparavant. La création de SOS Racisme en 1984 est consubstantielle de la rigueur libérale.

« Au début des années 1970, L’Etat tente de contrôler cette immigration – elle est même suspendue à partir de 1975. A cette date, les étrangers étaient de 3 442 000, ils passent ensuite à 4 310 000 en 1999, soit 7,4% de la population. Cette croissance est notamment due au regroupement familial et aux demandes d’asile, seule migration alors autorisée»

L’expression « immigration de masse » recouvre ainsi une double réalité économique et politique. Dans les usines, les ouvriers français et immigrés, naturalisés ou pas, se mélangent sans heurts. L’expérience du maoïste de la Gauche prolétarienne Robert Linhart dans son ouvrage L’Etabli paru en 1978 prouve la solidarité ouvrière au-delà des origines. Quand le chômage de masse est venu frapper le monde ouvrier dans son intégralité, certains ont pu se reconvertir, d’autres pas. Les jeunes de 1ère (puis de 2ème) génération vivant dans les grands ensembles des bassins d’emploi industriel ne retrouveront pas le travail de leurs pères et leur réaction endogène (par la drogue) ou exogène (par la violence) face à une absence de perspectives sera stigmatisée. Cela commencera par la pacifique Marche des Beurs en 1983 pour en arriver aux émeutes de la banlieue lyonnaise parties de Vaulx-en-Velin en 1990. Font de la récupération par SOS Racisme.

Mort de masse (conflit mondial de 1914-1945), travail de masse (gigantisme industriel), médias de masse (puissance de l’audiovisuel), immigration de masse : ces évolutions pressenties par Marx se déclineront au cours du siècle des masses (le XXe) dans tous les secteurs de la société. Le déclin de l’influence électorale du PCF ouvrira la voie à la montée du Front national au cours de ces décisives années 80 : axant sa communication sur l’immigration plutôt que sur la désindustrialisation – le FN était alors partisan du libéralisme économique –, Le Pen surfera sur la peur des Français de souche (par opposition aux 1ère et 2ème générations nées en France) d’un changement de population que les disciples de Zemmour ou de Renaud Camus appellent depuis peu Le Grand Remplacement.

250 000 par an pour les uns, 500 000 pour les autres, la bataille autour des chiffres de l’immigration fait rage. Ils sont à rapporter à un chômage qui touche selon les statistiques officielles 10% de la population active (3,8 millions en catégorie A sur 30 millions d’actifs, mais 20% de la population active, soit 6,24 d’inactifs plus ou moins partiels inscrits au Pôle Emploi !). Malgré ce chômage de masse, il continue d’entrer des dizaines de milliers de travailleurs potentiels étrangers chaque année en France. L’économie et la population françaises peuvent-elles les absorber ? La gauche dit oui, la droite dit non. L’extrême gauche veut ouvrir en grand les frontières, l’extrême droite les fermer définitivement sinon provisoirement, le temps de digérer les vagues précédentes. Entre les deux, les gouvernants oscillent entre fermeté et ouverture plus ou moins feintes.

Lors de la première Chronique du Gaulois, hormis le concept d’immigration de masse, le reproche a porté sur celui de « flics-antifa ». Les passionnés d’Histoire de France savent le rôle de la police politique dans la manipulation et la conduite des mouvements sociaux. Depuis Fouché, le ministre de la Police puis de l’Intérieur sous le Consulat et l’Empire, l’homme de la « continuité de l’Etat » avant tout le monde, pas un mouvement de contestation n’échappe à la surveillance et aux interventions de l’appareil policier secret. Le complotisme, n’en déplaise aux vigilants gardiens du political correctness des médias, est d’Etat. La main répressive de l’Etat ne va pas lâcher les Gilets jaunes qui subissent toutes sortes d’influences extérieures et de tiraillements intérieurs (Jacline Mouraud en est le plus grossier), avec les risques d’éclatement ou de dilution que cela implique. Mais c’est le propre d’un mouvement vivant !

Posons la question qui taraude les inquiets : la ligne droite/gauche peut-elle fracturer le mouvement des Gilets jaunes ?

Non puisqu’il s’agit d’un mouvement hors partis, hors syndicats, qui mélange et unit des Français de gauche et des Français de droite contre une menace commune, la peur du déclassement occasionné par le libéralisme. Du reste ses représentants naturels ne se définissent pas selon cette coupure, ce qui n’empêche pas la droite et la gauche d’exister. La force des Gilets jaunes réside dans leur cohésion sociologique, celle la France périphérique qui sent le souffle de la pauvreté sur sa nuque. La pauvreté a frappé la France immigrée en premier dans les années 80 car celle-ci était la plus exposée ; elle touche aujourd’hui une France non immigrée qui se révolte… comme s’est révoltée la France de la couronne périurbaine en 1990 (Vaulx-en-Velin) et 2005 (les émeutes d’octobre). Chacun son tour !

Aujourd’hui, le même libéralisme qui a mis au ban les enfants d’immigrés dans les années 80 met au ban les Français de la classe moyenne inférieure (14 à 18 000 euros de revenus par an d’après la typologie de l’INSEE). De la France périurbaine à la France périphérique, il n’y a qu’un pas que la rigueur libérale a franchi aisément. Elle réunit ces deux sous-France dans la désocialisation de masse. Si la jonction se fait entre les victimes du libéralisme financier, alors les Gilets jaunes ne sont que le commencement, et il y a de l’espoir.

Victor Mara

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Attila LehainTutu Auteurs de commentaires récents
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Tutu
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Il ne faut plus parler d’immigrés, mais de déportés. Déportés de guerre, déportés économiques ou climatiques (c’est moins sûr). Ce qui caractérise ces nouveaux déportés, c’est qu’ils adhèrent à leur sort, qu’ils se revendiquent comme agissant. C’est là toute la force du démocratisme.

http://democratisme.over-blog.com/article-immigrationisme-mondialisme-117124743.html

Attila Lehain
Invité
Attila Lehain

Pour la finance seule l’international des précaires peut continuer, par des contrats de travail “ajustés” au marché, à abonder les dividendes des actionnaires et occasionnellement un système de retraite devenu (Ô miracle !) à point réglable.
Décidément tout ce tient, dans le meilleur comme dans le pire des mondes.

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