Après le placement en redressement judiciaire du sidérurgiste britannique British Steel, dont la maison mère vient de reprendre l’aciérie d’Ascoval de Saint-Saulve,  les salariés du site nordiste sont écoeurés.

Avec trois repreneurs en deux ans, pour les salariés d’Ascoval, c’est comme un cauchemar sans fin. Le premier, Ascométal, a été placé en redressement judiciaire. Le deuxième, Altifort, n’a jamais versé les fonds promis. Le troisième, Olympus Steel, qui a racheté Ascoval il y a dix jours, est en difficulté, avec le placement en redressement judiciaire de sa filiale British Steel.

“Cela fait trois fois qu’on est repris”

Mercredi 23 mai, devant les portes de l’aciérie de Saint-Saulve, les salariés d’Ascoval étaient écoeurés. “Cela fait trois fois qu’on est repris, soupire, las, Nicolas Letellier, délégué CGT. Trois fois que le repreneur n’a pas les reins assez solides financièrement. Franchement, nous on est au bout du rouleau. C’est inédit ce qui est en train de nous arriver… Mettez-vous à notre place : trois fois !”

Certes, le repreneur a bien versé les cinq premiers millions promis. Sera-t-il pour autant en mesure de décaisser les 43 millions restants pour moderniser l’usine ? Et faut-il croire – comme le dit Bercy – que les déboires de British Steel n’auront pas d’incidence sur l’activité d’Ascoval ? Les salariés ne savent plus à qui se fier. Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, venu mercredi les rencontrer, l’a bien compris. “Ils n’en peuvent plus, indique le président de la région Hauts-de-France. Est-ce que les ouvriers ont envie de continuer ? Aujourd’hui, ce n’est pas au ministre ni au président de région d’apporter les réponses.”

C’est au repreneur d’être convaincant, et après ils décideront. Parce qu’ils en ont marre depuis des années et des années de se faire balader.Xavier Bertrand à franceinfo

“Mettez-vous leur place, poursuit Xavier Bertrand, c’est difficile pour eux de faire confiance à qui que ce soit. Il ne faut pas oublier qu’au final, ceux qui rentrent l’acier dans le four et qui sortent l’acier du four, ce ne sont pas les capitaux, ce sont les salariés. Et ils sont à bout.”

L’enjeu pour les syndicats est d’obtenir des réponses claires du repreneur. Puis jouer carte sur table avec les salariés. Avec à la clef, un vote : pour ou contre le projet de reprise. Bruno Kopczynski, porte-parole de l’intersyndicale, s’y est engagé mercredi lors d’un échange avec les salariés désabusés. “C’est la dernière ligne droite, tenez le coup, explique-t-il à ses collègues. Après on verra : vous prendrez la décision et je n’irai pas contre vous. Si votre décision, au final, c’est de laisser tomber, on laisse tomber. A condition qu’il y ait une majorité claire et franche.”

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