Déséquilibrés et islamisme : ou comment nuancer le terrorisme


Vendredi 3 janvier aux alentours de 14 heures, un homme a attaqué au couteau plusieurs personnes au hasard dans un parc de Villejuif, avant d’être abattu par les forces de l’ordre dans la commune voisine de L’Hay-Les-Roses. Un mort et trois blessés sont à déplorer.


Triste début d’année pour la commune du Val-de-Marne. Un homme, présenté comme Nathan C., âgé de 22 ans et récemment converti à l’islam, s’est attaqué aveuglément à des passants dans un parc. Un homme de 56 ans est décédé en voulant protéger sa femme, grièvement blessée au cou par l’agresseur. Ce dernier, en djellaba et pieds nus, aurait crié à plusieurs reprises « Allah Akbar » selon des témoins de la scène. Non loin de là, un livre religieux et une lettre évoquant Allah et le pardon ont été retrouvés. L’homme était connu des services de police pour des faits de droit commun mais il n’a jamais été signalé comme radicalisé. Cependant, l’homme présentait des antécédents psychiatriques et était déclaré comme schizophrène. L’auteur de l’attaque a ainsi rapidement été qualifié de « déséquilibré », un terme désormais récurrent lors de ce type d’attaques.


Mais que cache ce terme ? Deux autres événements, en 2019, avaient marqué l’opinion publique. L’attaque de la mosquée de Bayonne par un retraité qui avait blessé deux personnes, et l’attaque de la préfecture de police de Paris par un employé qui avait poignardé à mort quatre de ses collègues. Pour ces deux attaques, la notion de terrorisme a finalement été écartée, malgré une motivation politique évidente de ces gestes. Les mots ont un sens, certains préfèrent déjà différencier l’attaque de l’attentat et le déséquilibré du radicalisé. Et c’est bien dans le choix des mots que système médiatique a une responsabilité. Jean-Philippe Deniau, chef du service enquête-justice de France Inter, avait déclaré à l’INA que le terme d’attaque est utilisé pour un « auteur qui agit seul et sans des moyens de destruction matérielle ou humaine imposants », et que le terme d’attentat est communément lié à « une utilisation de moyens plus radicaux » ou alors « des signes évidents et immédiats de revendication ».


Le terme de « déséquilibré » a été utilisé à plusieurs reprises, comme ce fut le cas par exemple en août 2019 à Villeurbanne, à Mulhouse en décembre 2018 ou encore à Nice en 2016. Pour tous, il s’agissait de « loups solitaires » passés à l’acte. L’historienne Jenny Raflik explique alors que le terme de « déséquilibré » « renvoie à une protection du citoyen le plus fragile, qu’il soit une personne victime ou une personne passée à l’acte ». Pourtant, cette qualification tendrait à relativiser le contexte du passage à l’acte : il ne s’agirait plus d’un acte terroriste. Ainsi, la responsabilité du mis en cause serait amoindrie, le nombre d’actes terroristes alors recensés serait diminué, et ce dans une logique d’entrisme des médias dans des affaires purement politiques, volant ainsi au secours d’un gouvernement responsable de ces attaques causées par une politique d’intervention à l’étranger plus que contestable, couplé à une politique migratoire laxiste.

Gageons que dans ce contexte, les « déséquilibrés » qui passeront à l’acte vont se multiplier…

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