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WikiLeaks vient de publier une nouvelle salve de documents prouvant que le rapport officiel concernant le bombardement de Douma en Syrie a été orienté pour accréditer la thèse d’une attaque chimique commanditée par le gouvernement de Bachar el-Assad. Ces documents mettent en avant l’existence de désaccords au sein de l’OIAC (Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques), l’organisation chargée de l’enquête.

Le 7 avril 2018 à Douma, dans le sud de la Syrie, l’armée de Bachar el-Assad accule et encercle les forces rebelles de Jaych al-Islam à l’intérieur de la ville. La veille, l’échec des négociations a provoqué une reprise des frappes aériennes. Deux jours plus tard, le 8 avril, les rebelles capitulent. Le bilan est lourd, les frappes aériennes et les combats font entre 50 et 150 morts, et près de 1.000 blessés.

L’OIAC, qui veille à la bonne application de la convention sur l’interdiction des armes chimiques par les États membres signataires, est alors chargée d’enquêter sur le caractère chimique de cette attaque. Cette organisation a reçu le prix Nobel de la paix en 2013 et la quasi-totalité des États dans le monde en est membre, à l’exception notable d’Israël et de la Corée du Nord. Son rapport final sera publié un an plus tard, le 1er mars 2019, le régime syrien y sera accusé d’avoir utilisé des armes chimiques. Mais dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, alors que l’OIAC débutait à peine son enquête, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni décident de bombarder plusieurs sites liés au programme d’armement chimique syrien.

La méthode WikiLeaks, des révélations coup sur coup

Il y a trois semaines, l’organisation de Julian Assange publiait un premier courriel pointant des reformulations «trompeuses» ainsi que des omissions «sélectives» dans une version corrigée du rapport préliminaire de l’OIAC. Dans la nuit de samedi à dimanche, WikiLeaks récidive et dévoile de nouveaux documents mettant en lumière «la façon dont les faits ont été dénaturés dans la version finale du rapport de l’OIAC publié le 1er mars 2019».

« Troisième lot de documents montrant la falsification des faits dans la version publiée du rapport de l’OIAC sur les armes chimiques concernant la Syrie », a tweeté WikiLeaks dans la nuit du 14 au 15 décembre.

Un des nouveaux documents révélés dans cette fuite se présente sous la forme d’un courriel adressé le 14 mars 2019 à Fernando Arias, directeur de l’OIAC. Le texte évoque alors les préoccupations d’«environ 20 inspecteurs» de l’équipe de la mission d’enquête au sujet du rapport final, dont «la conclusion semble s’être complètement inversée» par rapport à sa version préliminaire. L’auteur du courriel explique ainsi que le texte «ne reflète pas le point de vue des membres de l’équipe déployés à Douma», affirmant par ailleurs que seul un membre de la mission d’enquête qui s’est déplacée là-bas, «un secouriste», aurait participé à la version finale du rapport. «En dehors de cette seule personne, une nouvelle équipe a été réunie pour préparer le rapport final», écrit-il.

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En outre, l’auteur du courriel dit avoir été «chargé d’analyser et d’évaluer les deux cylindres trouvés sur les lieux de l’attaque chimique présumée», et se plaint d’avoir été exclu du travail au cours de l’enquête, «pour des raisons qui n’étaient pas clairement établies».

Le rapport préliminaire comprendrait des éléments occultés dans le texte finalement publié par l’OIAC. À titre d’exemple, contrairement au rapport final qui évoque l’existence de «preuves suffisantes pour établir que du chlore, ou un autre produit chimique réactif contenant du chlore, était vraisemblablement libéré des bouteilles», le texte initial, révélé par WikiLeaks, précise dès les premières pages que «bien que des bouteilles aient pu être à l’origine du rejet chimique suspect, les preuves sont insuffisantes pour le confirmer». Dès les premières pages encore, les auteurs de ce rapport préliminaire expliquent également que l’équipe de la mission envoyée en Syrie en avril 2018 n’écartait pas le scénario selon lequel les décès liés à l’attaque pourraient résulter d’«un incident non lié à des produits chimiques. L’équipe ne dispose pas à l’heure actuelle de preuves suffisantes pour pouvoir formuler une conclusion », précise alors le rapport.

Fidèle à sa méthode, il n’est pas impossible que WikiLeaks continue de livrer de nouveaux éléments concernant cette affaire dans les prochaines semaines. Les grands médias français, prompts à nous vendre en 2018 une intervention militaire contre le régime syrien, s’en feront-ils les relais ? Rien n’est moins sûr…

De notre côté, au Média pour Tous, nous continuerons d’aborder ces problématiques fondamentales. Un Eurêka sur Julian Assange est d’ailleurs au programme cette semaine.

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Taipan
7 mois il y a

Je n’ai rien compris -_-‘
Peut-être en essayant des phrases simples et claires pour ceux qui n’ont pas fait géopolitique en deuxième langue…

Trop de pronoms et pas assez de nom aussi…
Au final, qui a fait quoi ???

Arnaud
7 mois il y a

Déjà de quoi parle t’on? Les rebels sont des membres d’EI ou d’une milice autre! Car les médias français ont toujours fait exprès de confondre les deux!