L’annonce du président américain intervient à quatre jours de la visite à la Maison Blanche du premier ministre israélien, en campagne pour les législatives.

C’était une demande pressante de Benjamin Nétanyahou. Le président américain, Donald Trump, s’est dit favorable à la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur une partie du Golan syrien. Ce territoire a été occupé lors de la Guerre de Six-Jours en 1967 puis annexé en 1981 par Israël, ce que le Conseil de sécurité de l’ONU a jugé nul et non avenu.

« Après cinquante-deux ans, il est temps pour les Etats-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d’Israël sur le Golan, qui a une importance stratégique pour l’Etat d’Israël et la stabilité régionale », a tweeté M. Trump, jeudi 21 mars.

Le premier ministre israélien a aussitôt salué le signal envoyé par le président américain. « Au moment où l’Iran cherche à utiliser la Syrie comme une plate-forme pour détruire Israël, le président Trump reconnaît avec courage la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan. Merci, président Trump ! », écrit M. Nétanyahou sur son compte Twitter. « Le président Trump vient d’écrire une page d’histoire », a-t-il insisté lors d’un dîner avec le chef de la diplomatie Mike Pompeo.

Soutien à la campagne de Benjamin Nétanyahou

Cette annonce intervient à quatre jours de la visite à la Maison Blanche du premier ministre israélien, en pleine campagne pour sa réélection à l’approche des législatives du 9 avril. Le mouvement de Donald Trump représente un véritable coup de pouce pour M. Nétanyahou, qui réclame cette reconnaissance avec insistance et se sert de sa relation privilégiée avec le président américain comme argument dans la campagne, présentant les gains israéliens comme des succès personnels dont ses concurrents seraient incapables.

Dans un entretien à Fox Business Network, M. Trump a assuré qu’il pensait prendre cette décision « depuis longtemps » et que cela n’avait rien à voir avec le calendrier électoral israélien.« Cela ne m’a même pas traversé l’esprit », a-t-il affirmé.

L’annonce de M. Trump a suscité de vives réactions aux Etats-Unis. Alors que Leon Panetta, ancien chef du Pentagone, a déploré que M. Trump « tweete une annonce qui n’a pas été débattue avec nos partenaires internationaux et à l’ONU » ; Robert Malley, président du Crisis Group et ancien conseiller de Barack Obama, a critiqué pour sa part une décision prise « au mépris du droit international » et dont le timing vise clairement à « aider Nétanyahou sur le plan électoral ».

Il y a quelques jours, les termes « d’occupation israélienne », employés jusqu’ici par les Etats-Unis pour le plateau du Golan syrien, ont été remplacés par « sous contrôle israélien » dans le rapport annuel du département d’Etat sur les droits de l’homme dans le monde, publié le 13 mars. Les mots « occupé » ou « sous occupation » ne sont par ailleurs plus utilisés pour la Cisjordanie et la bande de Gaza, dont Israël s’est également emparé lors de la guerre des Six-Jours, en 1967.

Mi-novembre, les Etats-Unis ont pour la première fois voté contre une résolution de l’ONU considérant l’annexion israélienne du Golan comme « nulle et non avenue ». C’est le seul pays à avoir voté contre aux côtés d’Israël.

Multiplication des gestes de l’administration Trump

Depuis son élection, Donald Trump a multiplié les gestes de soutien envers Benjamin Nétanyahou. Il a rompu avec le consensus international en vigueur depuis des décennies en reconnaissant, le 6 décembre 2017, Jérusalem comme capitale d’Israël et en annonçant le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv vers Jérusalem – au grand dam des dirigeants palestiniens qui considèrent la partie orientale de la ville comme la future capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Dans la journée, le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, a offert à Jérusalem une nouvelle image symbolique à Benjamin Nétanyahou en étant le premier haut responsable américain à visiter le mur des Lamentations au côté d’un chef de gouvernement israélien.

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