Le Président soudanais Omar el-Béchir a été destitué et arrêté. Un expert s’est penché sur les raisons d’un nouveau coup d’Etat dans le pays.

«Les militaires joueront un rôle stabilisateur. Et c’est dans l’ordre des choses. Toute l’histoire du pays montre que les périodes de gouvernements civils étaient éphémères et inefficaces», a déclaré au quotifien Vzgliad Igor Guerassimov, maître de conférences de la faculté orientale de l’Université d’État de Saint-Pétersbourg, au sujet du coup d’État militaire au Soudan.

L’expert est convaincu que ce coup d’État militaire a éclaté au Soudan en partie à cause de l’orientation sur les acteurs étrangers. Toutefois, la suite des événements sera déterminée par ses propres forces. Il rappelle que les militaires ont pris plusieurs fois le pouvoir par mutinerie: dans les années 1960, quand le pays était dirigé par Ibrahim Abboud; puis au milieu des années 1980, quand le pouvoir a été pris par Abdel Rahman Swar al-Dahab.
Le coup d’État actuel a été perpétré avant tout à cause des problèmes économiques.

«Les militaires veulent faire passer le pays au niveau supérieur. La stagnation économique a érodé le régime. Les sanctions américaines y ont grandement contribué. Les États-Unis ont annoncé la levée des sanctions sous Donald Trump, mais de facto elles restaient en vigueur. Résultat des courses: une composante économique faible, qui a été utilisée aujourd’hui pour avancer des revendications protestataires», explique Igor Guerassimov.

Dans le même temps, l’expert souligne que les militaires doivent empêcher l’attisement d’un conflit, qui pourrait résulter d’une influence extérieure si les acteurs étrangers décidaient de reproduire le scénario somalien, où un pays morcelé devient impuissant et décentralisé.

Le coup d’État au Soudan a été rapporté jeudi. Les médias ont annoncé que les militaires avaient arrêté le Président du pays Omar el-Béchir avec de hauts représentants de son entourage.

Au Soudan, la diffusion télévisée a été suspendue: l’armée a occupé le centre de télévision, qui ne diffuse plus pour l’instant que des marches militaires. L’aéroport de la capitale, Khartoum, a été fermé. Des unités militaires supplémentaires dotées de véhicules blindés ont été déployées dans les rues de la capitale. La police a disparu des rues, déclare l’agence de presse TASS.
Le pouvoir a été pris par un conseil militaire sous la direction du ministre de la Défense, le général Awad ben Aouf. Le Président Omar el-Béchir dirigeait le Soudan depuis 1989, après avoir commis lui-même un coup d’État.

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