Le laboratoire américain Gilead, à l’origine du Remdésivir, a vendu en masse son produit à plusieurs dizaines de pays avec plus de 750 millions d’euros à la clef. Pire encore, le géant pharmaceutique avait été prévenu par l’OMS de l’inefficacité de son médicament, ce qui ne l’a pas empêché de le vendre massivement, notamment en Europe.
Le Remdésivir et son fabricant Gilead n’ont sans doute pas fini de faire parler d’eux. L’Histoire retiendra sans doute comment le laboratoire américain a profité de la crise en vendant à prix d’or un médicament sans aucune efficacité. À travers le monde, le géant étasunien a en effet arnaqué pas moins de 37 pays. En toute connaissance de cause.
Un produit inefficace
À l’origine développée pour lutter contre le virus Ebola, la molécule Remdésivir avait déjà démontré sa totale inefficacité dans ce but. Mais pour éviter le fiasco, le laboratoire s’était alors décidé à tester le médicament contre la Covid-19. Dans cette optique, de grands essais cliniques sont menés dès février par l’OMS. Finalement, le 15 octobre dernier, le verdict tombe, le produit n’a aucun effet curatif. Seulement entre temps, des dizaines de pays ont déjà dépensé des millions dans ce médicament…
420 fois plus cher que le coût de production
Non content de vendre un produit inefficace (en partie financé par 58 millions d’euros de subventions publiques !), Gilead a doublement profité de la situation en affichant pour son remède un prix honteusement élevé. En effet, d’après une étude anglaise, le coût d’une dose de Remdévisir serait d’à peine 78 centimes d’euros, soit 4€68 pour six doses. Or, le prix fixé par le laboratoire est 420 fois supérieur à cette somme (1970€) ! Comble du cynisme, pour se justifier de ce prix, la firme lance une explication lunaire :
« Une sortie plus rapide de l’hôpital permettrait de faire une économie d’environ 12 000 dollars par patient, calcule la firme, en s’appuyant sur les données américaines. Nous avons décidé de fixer le prix du remdésivir bien en dessous de ce montant. »
Donald Trump avait fait acheter pas moins de 90% des stocks
Fin avril, les résultats intermédiaires des tests avaient néanmoins indiqué un temps de récupération légèrement inférieur avec le Remdésivir qu’avec le placebo (10 jours au lieu de 15). C’est sur ce faible indice que le médicament est autorisé sur le marché. Sur sa simple « intuition », Donald Trump s’engouffre dans la brèche et en septembre dernier, il met la main sur pas moins de 90% du stock du médicament (500.000 doses) pour son pays.
L’Europe en beau pigeon
Avec les mêmes faibles indicateurs, la Commission Européenne passe une première commande en juillet dernier. Coût de l’opération 63 millions d’euros pour 180.000 doses (soit 2100€ par traitement). Le 7 octobre, Gilead s’attaque cette fois ci à l’ensemble du continent européen. Seulement à cet instant, le laboratoire a été averti par l’OMS de l’inefficacité de son traitement. C’est donc en toute connaissance de cause qu’il arnaque la quasi intégralité des pays européens. 7 millions de doses sont alors commandées par les états du vieux continent.
À VOIR AUSSI > COVID-19 ET CHLOROQUINE : ENQUÊTE SUR LE PROFESSEUR RAOULT AVEC ALEX SAM
La France ne s’est pas faite avoir deux fois
Quasi, car cette fois-ci la France ne participe pas à ce second contrat. Alors que seulement 700 patients français ont utilisé le traitement, il resterait néanmoins en stock des milliers de doses de la première commande. Pour les autres nations, il est déjà trop tard : impossible d’annuler les commandes. Et Gilead n’a aucune intention de rembourser ses bénéfices prolifiques…
Inefficace et dangereux
À tout cela il faut ajouter qu’en plus d’être inefficace, Remdésivir pourrait aussi s’avérer dangereux. Si l’OMS l’a fortement déconseillé depuis le 20 novembre dernier, c’est aussi en raison d’effets secondaires néfastes, notamment sur les reins. Ce constat devant les yeux, les États se retourneront-ils judiciairement contre Gilead ? Rien n’est moins sûr.
Affaire à suivre, donc…
Le Média pour Tous