En pénurie de bois et soumise à l’UE, la France abandonne ses forêts à la Chine

Alors que l’hexagone est en pleine pénurie de bois, elle poursuit pourtant massivement l’importation de ses arbres en Chine sous l’impulsion de l’union européenne. Une absurdité environnementale et un déni de souveraineté. 

Plus 42% pour les grumes de chênes, et plus 66% pour les résineux. Entre janvier et mai dernier l’exportation de bois français vers la Chine a totalement explosé. Une situation dénoncée par la Fédération nationale du bois qui point du doigt les pénuries essuyées par les scieries françaises. Englués dans un dogme néolibéral, le gouvernement français et l’union européenne, de leur côté, préfèrent laisser cours au libre marché.

L’appétit d’ogre de la Chine

Dans le pays le plus peuplé du monde, l’appétit pour le bois parait sans fin. L’exploitation des forêts locales a d’ailleurs été d’une telle intensité, que le gouvernement chinois a décidé de stopper l’abattage commercial de ses forêts naturelles pendant 99 ans. Mais pour ne pas handicaper sa filière, il a dans le même temps gavé de subventions ses entreprises afin qu’elles puissent offrir un pont d’or aux propriétaires forestiers du monde entier.

La stupidité du libre marché

Résultat, les propriétaires de forêts vendent évidemment leur bois aux plus offrants. Les transformateurs locaux, quant à eux, n’ont guère les moyens de s’aligner sur la Chine. Les États-Unis et la Russie, les deux premiers producteurs de bois au monde, ont su réagir en interdisant l’exportation du bois vers la Chine. Mais dans l’Union Européenne, et particulièrement en France (troisième producteur mondial), le culte du libre échange empêche toute forme de protectionnisme.

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Déni de souveraineté

Nos scieries françaises se trouvent donc bien désarmées face à des entreprises chinoises dopées aux subventions publiques et pourvues d’une main d’œuvre bon marché. À tel point que la pénurie va crescendo et que les producteurs français sont dans une situation très délicate. « Si nos scieries n’ont pas le bois nécessaire, nos menuisiers et nos constructeurs ne pourront pas avoir la matière pour travailler » alerte Nicolas Douzain-Didier, délégué général de la Fédération nationale du bois. « Ce n’est pas seulement la question du prix , mais celle de notre souveraineté. On dort à Bruxelles. Ce n’est pas du tout leur préoccupation, eux c’est le libre-commerce » ajoute-t-il.

Absurdité écologique

Sur cette question de la souveraineté, nos dirigeants n’apportent aucune réponse, préférant se soumette à la doctrine du libre échange prônée par l’UE, et ce malgré les grandes déclarations d’Emmanuel Macron au sujet de la relocalisation et du souverainisme. Une situation d’autant plus ubuesque qu’elle va également à l’encontre de toute raison environnementale. « C’est aussi l’une des plus grandes aberrations écologiques qui soit : le bois stocke du carbone tout au long de sa vie, et par ces trajets on relargue tout le carbone qui a été capté » poursuit Nicolas-Douzain.

Des forêts à l’agonie

La situation est d’autant plus inquiétante que les forêts françaises subissent déjà une exploitation intensive à l’encontre de toute raison. Partout sur l’hexagone, et en particulier dans le Morvan, des monocultures de résineux viennent en effet remplacer des forêts centenaires, réduisant à néant des écosystèmes séculaires et mettant un trésor national en grand danger. À l’heure où nos dirigeants tentent de se faire passer pour de grands écologistes, il y a plutôt de quoi rire. Ou pleurer.

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