Chine : des milliers d’animaux sauvages abattus au nom de superstitions médicales


Un véritable massacre pour rien...


La médecine traditionnelle chinoise est à l’origine d’un véritable massacre d’animaux sauvages chaque année, au point de menacer certaines espèces.

Tous les ans, la mort de de centaines de milliers d’animaux sauvages alimente un juteux commerce, celui de la médecine traditionnelle chinoise. Vieilles de plus de 2500 ans, beaucoup de ces pratiques continuent à faire des émules aujourd’hui, malgré une efficacité scientifique extrêmement limitée, voire nulle.

Plusieurs espèces menacées

Outre la question éthique évidente sur le bien être animal, ces méthodes remettent en cause l’existence même de certaines espèces animales. Le processus s’est tellement intensifié que bon nombre d’entre elles pourraient bientôt disparaître. Tout le monde a bien sûr entendu parler du danger qui pèse sur les lions, les rhinocéros, les ours, les tigres ou encore les tortues, mais la médecine traditionnelle chinoise peut employer plusieurs centaines d’espèces animales et végétales dans ses remèdes. Et certaines ne font l’objet d’aucune protection. La majorité des animaux braconnés dans le monde ne sont d’ailleurs pas protégés ; c’est notamment le cas de bon nombre de reptiles.

 Des animaux torturés

Les animaux concernés par cette barbarie sont légions et subissent très souvent une véritable torture. Bon nombre d’entre eux sont d’ailleurs prisonniers en élevage. L’ours par exemple subit ce traitement pour la consommation de sa bile. En Chine, il existe d’ailleurs des fermes illégales d’ours où les animaux sont enfermés dans des cages minuscules afin qu’ils ne puissent plus bouger. Pendant ce temps, une sonde prélève en permanence le produit de leur vésicule biliaire. En Afrique, certains éleveurs pratiquent de la même manière des élevages de rhinocéros et leur coupent régulièrement leurs cornes.

Viol des conventions internationales

La convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) interdit tout de même très clairement la vente d’animaux sauvages menacés. Mais en plus du trafic illégal qui sévit partout dans le monde, certains pays ne respectent pas la convention. C’est le cas de la Chine dont le président Xi-Jinping est un fervent partisan de la médecine traditionnelle chinoise. Depuis son arrivée au pouvoir, ce commerce augmente même chaque année de 11%. En 2018, le président s’était d’ailleurs risqué à autoriser la vente de cornes de rhinocéros et d’os de tigre pourtant interdite depuis près de 25 ans. Il avait finalement reculé quelques semaines plus tard devant la protestation des associations.

Un juteux commerce

Il faut dire que la médecine chinoise et la vente de ces médicaments représente une manne financière colossale. Le secteur de la médecine traditionnelle chinoise pèserait en effet près de 50 milliards d’euros chaque année. Une part non négligeable de cet argent (6 milliards d’euros) concernerait les espèces en danger. On comprend pourquoi les autorités font si peu pour l’enrayer…

Efficacité scientifique limitée

Au-delà du triste sort de ces animaux, le pire est sans doute que l’efficacité scientifique de ces médicaments d’origines animales est très limitée, voire nulle. Les études ont par exemple confirmé que la corne de rhinocéros utilisée pour tout et n’importe n’a scientifiquement aucune utilité. Beaucoup d’animaux sont également consommés pour de prétendues vertus aphrodisiaques. C’est le cas du tigre dont les organes ou les os aideraient à surmonter des troubles de l’érection.

Et les maladies ?

En menaçant toujours plus la biodiversité par des comportements irresponsables, l’être humain se coince le doigt dans un engrenage terrible. La crise du coronavirus est d’ailleurs révélatrice de ce phénomène. Le pangolin, porteur du virus, était en effet l’objet d’une forte consommation de la part de la Chine. En élevage ou en captivité, plusieurs centaines de milliers d’individus trouvaient la mort chaque année. Petite victoire, l’animal, menacé de disparition, a été récemment exclu de la liste des ingrédients de la médecine traditionnelle chinoise et devrait être protégé plus efficacement par les autorités.

Une médecine traditionnelle chinoise alternative ?

Cette médecine commence également à se développer ailleurs dans le monde, y compris en France. L’OMS l’a d’ailleurs en partie reconnue. Néanmoins, en occident, tous les pans de cette tradition ne sont pas acceptés indifféremment. « Aux États-Unis, les praticiens traditionnels, dont je fais partie, ont de belles carrières sans même mettre en danger une espèce animale » assure Steve Given. Et pour cause, en médecine traditionnelle chinoise, il existe plusieurs traitements pour une seule cause. « De nombreux patients qui se tournent vers la médecine traditionnelle chinoise sont souvent végétariens et ne veulent pas de traitement à base d’animaux. » ajoute d’ailleurs le praticien américain. Il ne s’agit donc pas remettre en cause la médecine traditionnelle chinoise dans son ensemble, mais seulement la nuisance aux animaux.

Les occidentaux sont ils irréprochables ?

Devant les pratiques de la médecine traditionnelles chinoise envers les animaux, les occidentaux sont souvent choqués, mais sont-ils pour autant irréprochables ? Que dire par exemple de la chasse à glu ou la chasse à courre ? Que dire également du gavage, de la coupe des becs de poule, de la castration à vif des cochons et de l’élevage industriel en général ? Que dire enfin de l’homéopathie qui utilise parfois des ingrédients farfelues comme du venin serpent ou des poumons de cobaye pour une efficacité scientifique totalement nulle ? Dans le monde entier, la cause animale a encore beaucoup de chemin à parcourir…

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