Projet de loi « sécurité globale » : heurts entre policiers, manifestants et journalistes

Des manifestations ont eu lieu hier, mardi 17 novembre, contre le projet de loi « sécurité globale » dans de nombreuses villes en France. Des heurts ont éclatés à Paris et à Toulouse.  

De multiples appels ont permis la mobilisation de plus de 2.000 personnes devant l’Assemblée nationale, contre le projet de loi « sécurité globale », qui prévoit notamment l’encadrement de la diffusion de l’image des policiers et des gendarmes. Plusieurs centaines de personnes se sont également rassemblées dans plusieurs grandes villes en France.  Les manifestants dénonçaient la volonté de dissimuler les violences policières, par l’article 24 du texte de loi. Des altercations entre journalistes et policiers ont été observées.

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Gaz lacrymogènes et canon à eau dans la capitale

À Paris, les forces de police ont réprimé à coups de gaz lacrymogènes et grenades de désencerclement, une manifestation sauvage qui se dirigeait boulevard Saint-Germain en début de soirée. Mais c’est à 20h que la situation s’est fortement dégradée. Pour tenter de disperser les manifestants, les CRS ont usés à de nombreuses reprises de gaz lacrymogènes et se sont servi de leur canon à eau.

Les journalistes ont été sommés de quitter les lieux vers 22h30. Une jeune reporter a pourtant été interpelée pour attroupement après sommation, une heure avant celle-ci, et pour dissimulation de visage alors qu’elle portait… un masque ! Un rassemblement de soutien à eu lieu ce mercredi matin devant le commissariat du 10e arrondissement de Paris, où elle était détenue. La préfecture de police de Paris fait état d’un bilan de 33 interpellations et de dix blessés légers, dont neuf parmi les forces de l’ordre.

Quand la police nargue les journalistes…

À Toulouse, plus de 1.000 personnes se sont réunis à partir de 18h. Mais la manifestation a tourné court. Au bout d’une quinzaine de minutes, les force de l’ordre ont dispersés les foules à l’aide de gaz lacrymogènes. Un journaliste de Reporterre a même été pris à parti par un CRS. Alors que le journaliste le prenait en photo, le policier lui aurait répondu « Profites-en, c’est la dernière fois ».

Des Gilets jaunes mobilisés

À Lyon, environ 700 personnes se sont rassemblées devant la préfecture contre le projet de loi « sécurité globale ». Une étude, réalisée par le « Comité de liaison contre les violences policières », a d’ailleurs été publiée. Celle-ci s’intitule « La fabrique de l’oubli » et souligne l’importance des vidéos pour le travail d’enquête. Le Comité, qui regroupe des collectifs de victimes, syndicats et partis politiques, a recensé 78 cas de violences policières dans la ville depuis le début du mouvement des Gilets jaunes.

À Bordeaux, pas loin de 800 personnes ont participé au rassemblement près du palais de justice. Des membres de la LDH portaient des baillons noirs sur les yeux. Antoine Boudinet, élu municipal du groupe Bordeaux En Luttes encourageait les manifestants: « continuez de filmer la police et diffuser les images ». En 2018, l’élu municipal avait perdu sa main dans une manifestation de Gilets jaunes : « S’il n’y avait pas eu de vidéo, personne n’aurait su ce qui m’était arrivé ».

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