DÉPENSES. La dotation initiale de 103 millions d’euros s’est révélée insuffisante pour couvrir les dépenses de l’année 2018.

L’Élysée un peu juste dans ses finances ? En 2018, l’institution a dépassé son budget initial, en prélevant cinq millions d’euros sur ses réserves, selon le rapport annuel de la Cour des comptes. En cause, une augmentation de l’activité de la présidence.

En 2018, les produits (ressources) du compte de la présidence se sont élevés à 105,07 millions d’euros et les charges à 108,88 millions, indique la Cour, soit un « résultat déficitaire à hauteur de -3,81 millions d’euros ». La hausse des charges (+6,6 % par rapport à 2017) « s’explique principalement par celle des charges de personnel et de fonctionnement courant, en raison d’un accroissement de l’activité de la présidence », durant cette première année complète du quinquennat d’Emmanuel Macron, note-t-elle.

La masse salariale en augmentation

« La dotation budgétaire initiale, de 103 millions d’euros, s’étant révélée insuffisante pour couvrir les dépenses, un prélèvement sur la réserve d’un montant de 5,67 millions a dû être effectué pour contribuer à rétablir l’équilibre budgétaire », précisent les magistrats. Concernant le personnel, au 31 décembre 2018, la présidence disposait de 816 agents, dont 333 militaires et 483 civils, contre 822 fin 2017, et le commandement militaire représentait à lui seul 30 % des effectifs.

La masse salariale a augmenté de 4,2 % en 2018, « ses facteurs d’évolution n’étant que partiellement maîtrisés par la présidence », les agents « mis à disposition » par d’autres services de l’Etat dépendant de leur administration d’origine. Des dispositions qui, selon la Cour, « devraient être revues grâce au plan de transformation de l’Élysée mis en place en 2019 ». Le recours aux heures supplémentaires a diminué, mais il « reste élevé » au sein du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR).

Une réorganisation pour 2019

L’Élysée souligne pour sa part que le rythme plus soutenu de l’activité des services de la présidence en 2018 par rapport à 2017 entraîne mécaniquement une hausse des dépenses de fonctionnement. La réorganisation engagée par la présidence, mise en place en 2019, doit par ailleurs permettre « à la fois d’améliorer l’efficience des services, les conditions de travail des agents et d’assurer la maîtrise des dépenses », fait-on valoir.

La Cour des comptes note par ailleurs que le nouveau logiciel de gestion mis en place début 2017 « apparaît répondre aux besoins de la présidence ». Un contrôle spécifique porte enfin sur les dépenses relatives à l’activité de Brigitte Macron, « qui viennent pour l’essentiel de dépenses de personnel », souligne l’institution

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