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Nous apprenions hier matin la nouvelle de la mort de Vincent Lambert. Démonstration est faite que la république, que je n’oserais qualifier de française, a employé l’ensemble de son arsenal législatif afin de tuer un homme handicapé incapable de se défendre au mépris de l’avis de ses proches et du sien. Je ne tenais cependant pas ici faire une tribune pour parler de Vincent (que son âme aille à Dieu), mais de tirer parti de l’occasion de sortir de l’émotion justifiée afin d’aller traiter le sérieux de cette affaire, à commencer par le traitement médiatique dont elle a été l’objet. Traitement qu’en on fait nos éternels ” journalistes ”, subventionnés par le régime qu’ils protègent, qui mérite cependant que l’on y prête attention. Depuis le début, la presse aux ordres a eu beau jeu d’écarter de ses sempiternelles tribunes et débats sans contradicteurs toute considération politique bien comprise pour osciller entre le tir-larme indécent et la philosophie de bistro. Quoi de plus pratique !

Ce traitement médiatique pathétique a eu comme mérite principal d’isoler le cas de Vincent Lambert de toute continuité historique. En effet, s’il constitue une première en France, ce dernier ne fait malheureusement que paver la voie du très large et perturbant dossier qu’est celui de la question de la ” fin de vie ” pour les handicapés. La logique marchande ne supportant pas qu’un être humain ne soit pas naturellement destiné à produire, celle-ci s’est depuis longtemps penchée sur ce dossier afin de promouvoir une vision de l’homme purement fonctionnelle. Pour les sceptiques qui douteraient encore de la généralisation à venir de telles pratiques (à commencer par les 1 700 cas de personnes en état de conscience minimale en France), petit récapitulatif historique de la question :

L’eugénisme dans le monde anglo-saxon du XXème siècle :

Autant le dire tout de suite, en cette matière comme dans d’autres la république n’a rien inventé et ne se fait dans cette triste affaire que le caniche zélé de son maître anglo-saxon, celui-ci ayant pris une avance significative dans cette funeste thématique. Cette politique de l’eugénisme n’est en effet pas dans sa prime jeunesse et se repère véritablement dès la fin du XIXème siècle en Angleterre puis aux États-Unis. Longtemps cantonnée aux milieux universitaires et à la recherche, l’eugénisme rencontrera un certain succès dès le début du XXème siècle suite aux travaux réalisés par le laboratoire de Cold Spring Harbor (dès 1890), entre autres , et à la création de nombreuses sociétés publiques, parmi lesquelles la ”American Eugenics Society” (AES, de 1926-1972) et la ”Human Betterment Foundation” (1928-1942), littéralement : « la fondation pour l’amélioration des humains. », tout un programme…

Ces fondations s’organisèrent très tôt comme des lobbies importants dans les États-Unis de l’époque avec comme objectif avoué de faire la promotion de l’eugénisme et de l’intérêt d’en adopter les perspectives. C’est dans ce but que ce lobby se trouvera au cœur de la mise en place d’une première loi en Oregon dès 1893 rendant le mariage ou toute forme de relations sexuelles avec des femmes de moins de 45 ans pour toute personne reconnue épileptique ou simplement jugée comme trop simple d’esprit légalement impossible. Celle-ci fut suivie dès 1917 d’une loi, promue notamment par la célèbre suffragette féministe Bethenia Angelina Owens-Adair, nommée ”To prevent the procreation of certain classes in Oregon” (empêcher la reproduction de certaines classes sociales en Oregon). Cette dernière empêchait tout simplement la reproduction physique de certaines personnes jugées néfastes à la société (handicapés, criminels ou drogués…) par vasectomie pour les hommes et par salpingectomie pour les femmes.

Ces politiques étaient très fréquentes aux États-Unis à cette période et beaucoup de promoteurs de ces lois s’appuyaient sur le travail des sociétés d’études de l’eugénisme mentionnées ci-dessus et notamment sur le livre de l’un de leur plus éminent membre, Harry H. Laughlin, publié en 1922 : ”Eugenical Sterilization in the United States” (La stérilisation eugéniste aux États-Unis). Mettant principalement en avant les avantages ” sanitaires ” d’une telle politique, celle-ci n’était cependant pas tout à fait étrangères aux considérations pécuniaires. De nombreux pamphlets publiés par l’AES déclarent par exemple :

”every fifteen seconds, one hundred dollars of taxpayer money went towards supporting mentally ill patients.”

(toutes les 15 secondes, cent dollars d’argent public sont destinés à soutenir un patient mentalement handicapé)

Sous le poids de ces groupes de pressions, de nombreux états adopteront des législations analogues, spécifiquement destinées aux handicapés. Au total, ces lois de stérilisation obligatoires seront appliquées dans plus de 30 États américains, touchant plus de 60 000 personnes. Ces mises en pratique poseront les bases actives de toutes les politiques eugéniques du XXème siècle, y compris pour l’Allemagne nationale-socialiste, poussant même certains anciens scientifiques allemands, comme Helmut Poppendick du département SS lié à la question raciale, à expliquer lors des procès de Nuremberg qu’il n’existait fondamentalement que peu de différences entre leurs pratiques et celles des américains !

Pour ce qui est du cas allemand, on estime que la stérilisation forcée concernait de 75 à 80 personnes pour 100 000 habitants lors du pic de stérilisation de 1934 à 1939, leur mise en place ayant été rendues possibles par l’adoption préalable de lois analogues aux États-Unis.

S’il demeure difficile d’évaluer le nombre de victimes liées à ces décisions politiques de manière précise, certains pamphlets de l’époque nous renseignent en se ”félicitant” d’avoir stérilisé près de 12 000 ”simples d’esprit” entre 1928 et 1938, et ce pour le seul état de Californie !

La Situation post 1945 :

Fortement mise en cause suite à la Seconde Guerre mondiale, la plupart de ces associations fermeront officiellement leurs portes ou évolueront vers d’autres formats afin de développer un argumentaire renouvelé, afin de mieux atteindre le public de la seconde moitié du siècle. C’est dans ce but que le journal de l’AES changera par exemple de nom en 1969, passant de ”Eugenics Quarterly” (Le trimestriel Eugénistique) a ”Social Biology”. Les organisateurs se chargeant de préciser aux intéressés que ce changement de nom ne modifiait aucunement leur contenu idéologique de leur revue ou organisations, mais qu’il se faisait dans un souci de communication. Ces même sociétés trouveront leur suite logique à travers la ”Birth Control League” (société pour le contrôle des naissances), fondée par une très importante figure féministe américaine, Margaret Sanger, ancienne membre importante de l’AES. Cette même organisation était amenée à devenir la non moins célèbre «Planned Parenthood Association» aux États-Unis.

Dans ce combat pour la promotion de l’eugénisme, l’avortement ou Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) comme il est pudiquement nommé en France, constitue un levier essentiel. Nous mentionnions plus haut le cas de Margaret Sanger, essentiel afin de bien comprendre cette évolution.

À titre d’exemple, cette même association (PPA) l’année dernière déclarait avoir augmenté ses chiffres par rapport à l’année précédente, pour un total de 332 757 enfants avortés pour la seule année 2018. Le grand nombre de féministes importantes et de soutiens actifs à la promotion de l’avortement dans les rangs des grandes associations faisant la promotion de l’eugénisme nous renseignant d’ailleurs sur la parenté du projet ”IVG” ainsi que sa genèse idéologique. Encore plus depuis l’introduction de technologies comme les tests prénataux non invasifs ou celui de l’amniocentèse (remboursé par la sécurité sociale) permettant d’informer les femmes enceintes de l’état de santé mentale et physique de l’enfant qu’elles portent.

Alors que les lois, pourtant agressives, en vigueur aux États-Unis au début du siècle dernier n’autorisaient que la stérilisation des personnes, les chiffres du département de la santé Anglaise indiquaient que pour la seule année 2015, pas moins de 3 213 avortements avaient été motivés par un diagnostic prénatal de handicap. 247 de ces avortements étaient pourtant liés à des difficultés cardio-vasculaires, maladie traitable par la médecine moderne. Ces rapports sont pourtant remis en question par des associations comme la revue Britannique des Obstétriciens et Gynécologues, dénonçant une minimisation des chiffres de la part du ministère de la santé Britannique.

La loi Française n’autorise pas la diffusion de statistiques de la sorte et il demeure aujourd’hui très difficile de se faire une idée précise pour le seul territoire Français du nombre d’avortements motivés par la détection prénatale d’un handicap.

Certains d’ailleurs n’hésitent aucunement à mettre les pieds dans le plat directement, comme le journaliste Néerlandais Michael Van der Lubbe, militant pour l’instauration d’une amende pour les parents refusant d’avorter leur enfant si celui-ci a fait l’objet d’un diagnostic prénatal avec confirmation de handicap. Cette position fièrement déclarée en 2017 dans un article diffusé dans la presse Néerlandaise nationale a connu un écho retentissant dans le pays, attirant la sympathie de la sénatrice Néerlandaise Heleen Dupuis, ancien numéro deux du ministère de la santé de Hollande, se justifiant en expliquant que la vie en situation de handicap ne ”valait pas la peine d’être vécue”.

La science a d’ailleurs réalisé ces derniers temps un formidable grand bond en avant en la matière avec les découvertes et expériences édifiantes du chercheur chinois He Jiankui, premier scientifique à avoir ”produit” deux bébés à l’ADN génétiquement modifié en novembre de l’année dernière, ouvrant ainsi la voie aux modifications prénatales, et donc à la création in fine d’une espèce humaine parfaitement modulable dès la naissance selon les besoins variés de leurs créateurs. Rappelons ici que le prétexte invoqué pour cette véritable expérience de Frankenstein sur deux cobayes humains innocents et incapables de se défendre était la lutte contre le virus du SIDA, édifiant…

Pour conclure :

Cette propagande sporadique n’est ni désintéressée, ni sans conséquence. Celle-ci a pour but de préparer les consciences à la généralisation, mais surtout à la légitimation, d’une politique d’eugénisme en Europe et dans le monde. L’affaire Vincent Lambert participe de cette logique et de nombreux médias Français se font de plus en plus fréquemment les serviteurs zélés (la soumission étant pour eux une question d’habitude…) de cette propagande mortifère. Si la lutte contre les handicaps mentaux ou physiques, devant donc conduire à leur élimination de manière massive, demeure la préoccupation principale de ces assassins couverts par la loi, n’oublions jamais que le développement de la science permet aujourd’hui d’envisager comme continuité logique de cette politique la modification génétique ainsi que le transhumanisme.

Rappelons ici haut et fort que tous les argumentaires possibles, du plus pragmatique comme celui de Jacques Attali (voir ci-dessous) au plus récent comme Yves Cochet (à qui nous avons le déplaisir d’annoncer une légère faille cognitive qui l’atteindra certainement à la prochaine lecture des taux de natalité Africains…), ne servent et ne serviront toujours qu’à promouvoir une politique mortifère et contre nature. Clamons ici comme ailleurs que l’extension permanente de la marchandise au vivant n’a semé que le malheur, l’infamie dans son sillage et la mort comme seule récolte. C’est pourquoi nous ne devons plus avoir peur de crier continuellement que, même dans ses multiples imperfections, même face à la difficulté et la solitude du handicap, nous respectons la vie dans la diversité de ses formes. Vive la vie et à bas les marchands de mort !

Jacques Attali dans « l’Avenir de la vie » , 1981 , coll. Les Visages de l’avenir ed. Seghers :

D’où je crois que dans la logique même de la société industrielle, l’objectif ne va plus être d’allonger l’espérance de vie, mais de faire en sorte qu’y à l’intérieur même d’une durée de vie déterminée, l’homme vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de santé seront les plus réduites possible en terme de coûts pour la collectivité. Alors appareil un nouveau critère d’espérance de vie : celui de la valeur d’un système de santé, fonction non pas de l’allongement de l’espérance de vie mais du nombre d’années sans maladie et particulièrement sans hospitalisation. En effet, du point de vue de la société, il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement. C’est parfaitement clair si l’on se rappelle que les deux tiers des dépenses de santé sont concentrées sur les derniers mots de vie. De même, cynisme mis à part, les dépenses de santé n’atteindraient pas le tiers du niveau actuel (175 milliards de francs en 1979) si les individus mouraient tous brutalement dans des accidents de voiture. Ainsi force est de reconnaître que la logique ne réside plus dans l’augmentation de l’espérance de vie mis dans celle de la durée de vie sans maladie.

Et plus loin :

L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figures. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c’est la liberté et la liberté fondamentale c’est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société. Dans une société capitaliste, des machines à tuer, des prothèses qui permettront d’éliminer la vie lorsqu’elle sera trop insupportables ou économiquement trop coûteuse, verront le jour et seront de pratique courante. Je pense donc que l’euthanasie, qu’elle soit une valeur de liberté ou une marchandise, sera une des règles de la société future.

Thibault – Pour le Média pour Tous

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Bakloe

Ces appareils digitaux m’agacent !
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BRAVO et MERCI à THIBAULT pour cet excellent et édifiant article qui lève le voile d’humanisme dont se parent nos esclavagistes, mâles, femelles et transgenres confondus.

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