Quand délinquance et communautarisme s’agrègent

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Des faits de violences et des affrontements, sur fond de règlements de compte et de trafics de drogue, et mettant en scène principalement deux communautés, se déroulent depuis sept jours à Dijon.

France 3 Bourgogne Franche-Comté a rapporté en premier les faits, qui ont débuté dans la nuit du vendredi 12 juin dans les rues du centre-ville de Dijon. Une centaine d’individus appartenant à la communauté tchétchène et venant de toute la France, s’en sont pris à un bar à Chicha avant d’être dispersé par la BAC et la Brigade Spécialisée de Terrain (BST). Plusieurs interpellations ont eu lieu le lendemain des faits, mais aucun blessé n’est à déplorer.

À l’origine de ces tensions, l’agression le mercredi 10 juin d’un jeune homme de 16 ans par des dealers. Le procureur de Dijon, Eric Mathais, parle d’une agression d’un jeune tchétchène par un membre de la communauté maghrébine. A noter que la famille du jeune homme n’aurait pas porté plainte immédiatement, par peur des représailles. D’après France 3, le groupe de tchétchènes aurait voulu agir en représailles le 12 juin au soir. Une version que corrobore la Police. Des premières discussions se sont tenues entre les dirigeants des deux communautés, pour tenter « d’apaiser les tensions », selon les mêmes sources. Le parquet a ouvert une enquête. Le jeune homme, habitant le quartier des Grésilles à Dijon, aurait été passé à tabac et menacé d’une arme dans la bouche par des dealers en raison de son origine.

Coups de feu sur le gérant d’un restaurant

Au lendemain de la descente des Tchétchènes dans Dijon, le samedi 13 juin, des dealers et des habitants du quartier des Grésilles les menacent sur les réseaux sociaux. Ils passent l’après-midi à “patrouiller” dans le quartier.

Vers 23h00, la police constate un attroupement devant un fast food du quartier des Grésilles. Des “négociations” auraient encore eu lieu entre représentants des communautés. Toujours selon la police, les Tchétchènes finissent par se disperser dans des voitures avec plaques d’immatriculation masquées. Mais une trentaine de minutes plus tard, une fusillade éclate à cet endroit. À bord d’une voiture volée, que l’on retrouvera plus tard incendiée, deux hommes font feu. Le gérant du Planet Pizza est hospitalisé dans un état grave.

Le lendemain, le dimanche 15 juin, est marqué par une nouvelle expédition punitive. Les Tchétchènes reviennent, ils sont près de 200 cette fois-ci. Ils se rendent lourdement armés dans le quartier des Grésilles. La police ne procédera à aucune interpellation, pour ne pas “envenimer” la situation, d’après des sources policières.

Des habitants du quartier des Grésilles, pour la plupart masqués et armés, vandalisent du mobilier urbain et incendient des véhicules. Ils disent vouloir défendre les lieux face aux Tchétchènes. Au même moment, des vidéos mettent en scène des Tchétchènes qui tirent en l’air avec des armes de type kalachnikov. La police pense qu’il pourrait s’agir de véritables armes.

Nouvelles tensions entre maghrébins et tchétchènes à Nice

En parallèle des événements de Dijon, d’autres ont éclaté dans la nuit du 14 au 15 juin à Nice. Une cinquantaine d’individus armés se sont affrontés dans le quartier des Liserons comme l’a expliqué Nice-Matin. Le quartier des Liserons est réputé pour être un haut lieu du trafic de drogue. Des coups de feu ont éclaté vers 23h00, la police est intervenue. 45 personnes ont été interpellés et cinq ont été placées en garde à vue. Deux hommes de 32 et 35 ans ont été hospitalisés avec un pronostic vital engagé.

Les affrontements reprennent à Dijon

Dijon a été de nouveau en proie à de fortes tensions hier au soir, le 15 juin. Pour la quatrième soirée consécutive, dans une ville plutôt calme, des dizaines de personnes armées de barres de fer et d’armes de poing se sont rassemblées dans le quartier des Grésilles, considéré comme un des plus sensibles de la ville. L’AFP a indiqué que des hommes cagoulés ont tiré en l’air, détruit des caméras de vidéo-protection et incendié des poubelles et de nombreux véhicules. Une équipe de France 3 a été prise à partie et caillassée.

En début de soirée, 60 gendarmes mobiles complétés par une quarantaine de CRS et des renforts de la BAC et du RAID sont intervenus afin de mettre fin aux violences. « Une centaine d’opposants » selon l’AFP faisaient face aux forces de l’ordre. L’intervention a pris fin vers 22h00, avec seulement 4 interpellations et plusieurs traces d’incendies volontaires.

Selon le préfet Schmeltz, les personnes incriminées n’appartiennent pas à la communauté tchétchène au contraire de ces trois derniers jours. « Nous n’avons identifié aucune présence extérieure, ce sont des personnes originaires de Dijon », a assuré M. Schmeltz. La piste de personnes voulant défendre leur “territoire” contre les incursions répétées des Tchétchènes est privilégiée par la police.

Notons que dans la journée d’hier, IbraTV, une “célébrité” d’internet d’origine tchétchène a appelé à un certain calme, car « les arabes sont des frères ».

À l’heure où les mouvements Black Lives Matter et le collectif Adama Traore pointent du doigt la police française, et où certains dirigeants politiques militent pour une police « la moins armée possible », la réalité du terrain refait surface violemment.

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Beugniot
1 mois il y a

“À l’heure où les mouvements Black Lives Matter et le collectif Adama Traore pointent du doigt la police française, et où certains dirigeants politiques militent pour une police « la moins armée possible », la réalité du terrain refait surface violemment.” En effet, mais peut-on comparer des groupes de centaines de criminels armés et organisés qui font usage d’armes à feu en pleine ville à des gilets jaunes venus manifester pacifiquement? Peut-on les comparer à une seule personne non armée qui pour un fait mineur, ou un simple contrôle d’identité, se fait bousculer par les forces de l’ordre, brutaliser et… Lire la suite »

théron simone-laure
1 mois il y a

Dijon c’est différent d’une manifestation. c’est une bagarre entre maghrébins et tchétchènes. C’est assez ordinaire. Des hommes, en majorité, bien sur (on rencontre peu de femmes dans ces histoires) se battent et se font justice (à leur façon). Notre société actuelle est brutale et a besoin de se défouler (surtout les hommes). En revanche les manifestations des soignants dans la rue ou des gilets jaunes sont troublées par des groupuscules qui viennent pour casser. Je pense qu’au 21 ème siècle, exprimer sa colère dans la rue n’a plus lieu d’être (périmé). Il y a d’autres moyens pour se faire entendre.… Lire la suite »

Thierry Want
1 mois il y a

Je constate un usage disproportionné de la force contre les gilets jaunes et les soignants et quasi rien contre des gens armés qui tirent dans la rue ? C’est ma mauvaise foi ou la police fait dans son froc ?