Deux ONG dénoncent l’emprise de Big Pharma sur la Commission européenne

Deux ONG accusent la Commission Européenne de laisser les industries pharmaceutiques contrôler les fonds publics de recherche. Big Pharma aurait notamment choisi d’écarter la recherche de vaccins contre les coronavirus, bien avant le début de la pandémie. Trop peu rentable à l’époque ?

Les deux ONG ayant travaillé sur ce rapport ont souhaité mettre leurs recherches en commun pour dénoncer l’emprise des labos privés sur une partie du budget Santé de la Commission européenne. De son côté, « Action Santé Mondiale », impliquée dans les politiques budgétaires de santé, a mené une enquête portant sur le rôle du secteur pharmaceutique dans les mécanismes de recherche mise en place par l’UE. « Corporate Europe Observatory », dont le rôle est d’observer le lobbying au niveau de l’Union Européenne, a quant à lui, révélé l’utilisation du budget de recherche alloué aux questions climatiques. Les deux organismes ont décidé d’unir leur voix pour dénoncer l’industrie qui « contrôle l’usage de milliards d’euros de fonds européens pour la recherche, néglige[ant] l’intérêt public ». Dans le rapport publié ce lundi 25 mai, on y apprend que depuis 2008, pas moins de 2,6 milliards d’euros de fonds publics de recherche ont été à la disposition de l’Initiative en matière de Médicaments Innovants (IMI). Lancée par la Commission Européenne, la Fédération Européenne des Industries et Associations Pharmaceutiques, l’IMI a pour rôle de renforcer les partenariats public-privé dans le secteur pharmaceutique. Les partenariats public-privé, on sait ce que ça donne et à qui ça profite…

Le financement public va directement dans les poches des privés

« Le financement public de la recherche est un investissement précieux et stratégique dans la production de connaissances pour l’avenir […] Mais l’intérêt général est-il réellement servi par ces « partenariats » de recherche avec le secteur privé ? Les observations rassemblées dans ces deux rapports indiquent que non » révèlent les deux organismes. Ce système serait, selon eux, à l’origine d’une « négligence vis-à-vis de la préparation aux épidémies ». l’Action Santé Mondiale a par ailleurs, publié dans le rapport un tweet (maintenant supprimé) de la fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques, se ventant de faire des économies sur le dos des acteurs publics : « L’industrie pharmaceutique bénéficie de découvertes faites dans le cadre de projets dont les coûts sont plusieurs fois supérieurs à la contribution individuelle de chaque société privée. Les projets [financés par] l’IMI permettent un travail que les entreprises auraient dû faire de toute façon ». Les deux ONG ont également découvert au sein de l’IMI « plusieurs projets censés aider l’industrie à influencer la législation sur l’évaluation de l’innocuité des nouveaux produits pharmaceutiques » et « à accélérer l’octroi des autorisations de mise sur le marché en abaissant les normes en matière de preuves pour les nouveaux médicaments ».

La pandémie de Covid-19 aurait-elle pu être mieux gérée ?

Depuis l’apparition du virus du SRARS en 2003, plusieurs chercheurs ont haussé le ton pour obtenir les outils médicaux nécessaires afin de faire face aux coronavirus. Mais ces voix expertes n’ont pas été entendues. Un partenariat public-privé « dont l’agenda de recherche est défini par des intérêts commerciaux » ne peut pas être favorable à l’intérêt général, dénonce le rapport. Après tout, pourquoi inventer un vaccin pour une épidémie qui ne sévit plus, quand on peut financer la recherche de médicaments pour des maladies existantes et rentables ?…

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