COVID-19 : selon plusieurs médecins, le tri des patients en réanimation a déjà commencé


Nos anciens écartés des services de réanimation


Ce qui devait arriver arriva : le tri des patients a déjà commencé depuis de nombreux jours, selon plusieurs médecins. Les personnes ayant moins de chances de survivre face au coronavirus, notamment les personnes âgées, sont désormais redirigées vers des soins palliatifs plutôt que d’être admis en réanimation.

« Je ne peux pas vous dire les yeux dans les yeux que ça n’arrivera pas [le tri des patients] », déclarait au micro du Grand Jury le ministre de la Santé Olivier Véran, il y a tout juste une semaine. Dans tous les hôpitaux, le ministre a également « demandé à ce que des cellules éthiques soient mises en place », au cas où ce genre de décisions devaient arriver. Depuis, de plus en plus de médecins assurent désormais devoir recourir au tri des patients, afin de maximiser les chances de survie de cas potentiellement guérissables. Jean-François Corty, médecin dans une clinique parisienne, raconte mener une véritable « médecine de catastrophe » auprès du HuffPost dans une vidéo publiée vendredi 27 mars. Il déclare que « depuis une semaine, on ne peut plus transférer vers les urgences de Paris et les services de réanimation des patients âgés qui seraient confirmés au coronavirus ». Il explique que « les lits de réanimation sont préservés pour des patients plus jeunes avec plus de chances de survie », et que « cette logique de tri est nécessaire, aujourd’hui, au regard des infrastructures ». Il déplore également le cas de « certains patients qu’on aurait pu sauver dans un autre contexte mais qu’on ne sauvera pas aujourd’hui ».

Face à l’afflux massif de personnes atteintes par le coronavirus, le personnel hospitalier peine à prendre en charge la totalité des patients, notamment en raison du manque crucial de respirateurs et de lits de réanimation. Pour ce faire, un comité national d’éthique a publié un document faisant état de « pistes d’orientation provisoires » et intitulé « enjeux éthiques de l’accès aux soins de réanimation et autres soins critiques en contexte de pandémie COVID-19 ». Ce document est en réalité le résumé d’un texte de « recommandation professionnelle pluridisciplinaire opérationnelle » (RPMO), présentant une donnée nommée « score de fragilité clinique » basée sur neuf points, de « 1 – très en forme » à «  9 – en phase terminale ». Cette dernière a pour but d’aiguiller les médecins quant à la possibilité de classer les patients en fonction de leurs chances de survie afin de pouvoir les trier plus facilement. Il  y est notamment indiqué qu’en cas d’absence de « bénéfice attendu », il peut être proposé au patient des « soins palliatifs, pour assurer une fin de vie digne et apaisée, en présence d’un proche chaque fois que possible ». Ainsi, en attendant les 14.000 lits de réanimation promis par Olivier Véran hier durant une conférence de presse, ce sont nos anciens qui doivent payer le prix d’un démantèlement méthodique et criminel de nos services hospitaliers par les différents gouvernements, sur ordre de l’Union Européenne.

Révoltant.

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