Toujours et encore moins de liberté d'expression...

Un numéro hommage de Charlie Hebdo paraîtra demain, cinq ans après l’attentat ayant coûté la vie à douze personnes. Dans ce numéro spécial, le journal s’en prend aux « nouveaux censeurs, gourous de la pensée formatée », et donne la parole aux proches des victimes. Retour sur les événements.

L’attaque est perpétuée par deux terroristes islamistes, Chérif et Saïd Kouachi, le 7 janvier 2015 à Paris. Les deux hommes, se revendiquant d’Al-Qaïda au Yémen, ont pénétré dans les locaux de la rédaction armés de kalachnikovs. Le bilan humain de la tuerie est extrêmement lourd, onze blessés sévères, douze morts dont huit journalistes de la rédaction, deux policiers, et deux autres personnes malheureusement présentes sur les lieux.

Critique du politiquement correct

Les auteurs de l’attaque entendaient se venger de la publication de caricatures du prophète de l’Islam, Mahomet. Aujourd’hui, les journalistes de Charlie entendent toujours combattre pour la liberté d’expression et contre le politiquement correct.

« Hier, on disait merde à Dieu, à l’Armée, à l’Église, à l’État. Aujourd’hui, il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, aux minorités nombrilistes, aux blogueurs et blogueuses qui nous tapent sur les doigts comme des petits maîtres d’école » a notamment écrit Riss, dans l’éditorial. Dans ce numéro spécial, le directeur de la rédaction s’en prend au politiquement correct  qui impose des orthographes genrées, et déconseille d’employer des mots supposés dérangeants. Il fustige également les « nouveaux censeurs […] qui se croient les rois du monde derrière le clavier de leur smartphone ». Dans une tribune, l’avocat du journal, Maître Richard Malka, va dans ce sens et évoque : « les mille et une manifestations du tyranniquement correct ambiant. »

Enfin, la Une, réalisée par la dessinatrice Coco, une des rescapés, illustre également ce parti-pris. Elle montre un journaliste écrasé par un smartphone dont l’écran affiche les logos des principaux réseaux sociaux.

La parole aux proches des victimes du journal

Une double page est consacrée aux proches des journalistes assassinés et notamment les plus célèbres d’entre eux, Charb, Cabu et Wolinski. « On nous a traités de parents indignes quand il a dessiné Mahomet. Mais nous, on savait mieux que personne qu’il défendait des principes, nous connaissions mieux que quiconque ses valeurs et on admirait sa lucidité et son courage », écrit la mère de Charb. La veuve de Cabu rend pour sa part hommage aux victimes et remercie l’équipe actuelle de continuer chaque semaine ce sport de combat pour la liberté d’expression.

Enfin, Maryse Wolinski veuve du célèbre dessinateur, décrit quant à elle la vie d’après comme n’ayant « ni couleur, ni saveur ».

Elle pose surtout, de nouveau, des questions dérangeantes et sensibles sur le contexte de l’attentat de 2015 : « Pourquoi la surveillance de Charlie Hebdo, journal satirique menacé cinquante fois par jour, a-t-elle été supprimée fin novembre 2014 ? Pour faire des économies ? Pour protéger les policiers ? Secret-défense ! »

D’autres actes terroristes seront commis ce jour-là dans les heures qui suivirent le carnage, notamment la prise d’otages dans l’Hyper Cacher à la porte de Vincennes. Elles seront commises par Amedy Coulibaly, complice des Kouachis se revendiquant de l’État islamique. Plusieurs « marches républicaines » contre le terrorisme auront lieu les 10 et 11 janvier dans toute la France. Des manifestations d’envergures, notamment à Paris, qui brandissaient l’étendard de la liberté d’expression.

Qui est encore Charlie aujourd’hui ?

À la lecture des premiers éléments de ce numéro spécial en hommage aux victimes, nous nous posons la question. Qu’en est-il de la liberté d’expression en France en 2020 ? L’ensemble de la classe politique et des peoples, toujours bien pensants, se sont insurgés à l’époque pour défendre Charlie Hebdo et le droit à la caricature. Ils ont été, il y a cinq ans, vent debout pour défendre la liberté d’expression de tous.

Les années ont passé et la liberté d’expression ne semble que reculer. Difficile aujourd’hui d’aborder tous les sujets sans être taxé de « misogyne », « grossophobe », « islamophobe », « paternaliste », « complotiste », « antisémite », ou encore de « climato-sceptique »… Bon nombre d’adversaires de la pensée dominante sont régulièrement qualifiés par ces adjectifs pour les discréditer sans trop d’effort. Dans les grands médias, un certain « nettoyage » a été opéré, comme avec le présentateur Tex, viré pour une blague jugée discriminante envers les femmes. Nous publions hier encore sur le retrait d’une publicité qui, bien que conforme à la loi, ne convenait pas à la pensée progressiste d’Anne Hidalgo. Les exemples sont nombreux et les nouvelles lois censées lutter contre « la haine » sur internet n’annoncent rien de bon.

La liberté d’expression aurait donc bien des limites ? Mais lesquelles ? Qui les fixent ? Plus encore que les bombes et les attentats, la bien-pensance est devenue une arme beaucoup plus puissante pour museler les esprits. Sans arme, ni violence… Mais avec un peu de haine. Quand même !

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Jean-Luc Malandaingiorgio guido noviAnne Guerrier Auteurs de commentaires récents
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Anne Guerrier
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La liberté d’expression, c’est une chose. Attaquer vicieusement ce qui est sacré pour les gens, c’en est une autre. La profanation à l’échelle industrielle, ça se paie, et la sottise aussi.

Jean-Luc Malandain
Invité

Si la sottise se payait, ça vous coûterait chaud…

giorgio guido novi
Invité

tien charlie s,insurge contre l,ecriture inclusive feministe et le swj! marrant car il ont contribuer a l,etablissement de cette dictature du politiquement correcte mdr!

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