Pourquoi la relocalisation est devenue une absolue nécessité

En ces temps de crises, bon nombre de voix s’élèvent pour la relocalisation de nos productions en France. Voici pourquoi.

Depuis plusieurs décennies le libéralisme et le libre-échange font loi sur la planète dans la presque totalité des États du monde. Or la crise du coronavirus a mis en lumière la faiblesse d’un tel système ; elle révèle en particulier l’impérieuse nécessité d’indépendance pour la France. Voici six raisons pour lesquelles l’hexagone devrait adopter cette stratégie.

1. Pour la santé

Après la crise du coronavirus, les manques du pays en matière sanitaire sont devenus criants. La pénurie de masques à elle seule a révélé les défaillances de l’État. Dépendante de la Chine, la France a dû patienter des mois avant de pouvoir s’équiper. La situation est d’ailleurs identique en ce qui concerne le matériel médical en général. L’exemple des respirateurs est lui aussi criant. Enfin c’est également la production pharmaceutique qui a pu poser question. La France devrait pouvoir produire ses propres médicaments afin de soigner son peuple. Or 60 à 80% des molécules nécessaires à cette production proviennent d’Inde et de Chine.

2. Pour l’alimentation

L’autonomie alimentaire est sans doute également l’un des horizons auquel la France devrait aspirer. Or les multiples traités de libre-échange comme le CETA et la politique d’Emmanuel Macron nous mènent dans la direction opposée. « Il y a 30 ans, on était autosuffisant, aujourd’hui, on importe 40% de nos fruits et légumes » assure Raymond Girardi, vice président du MODEF à l’Humanité. Pourtant la France, grand pays d’agriculture, aurait largement les moyens de fournir l’intégralité de la nourriture de ses habitants. Nos paysans produisent d’ailleurs pas moins de 129% de notre consommation de calories. Le problème vient surtout du manque de diversité de nos productions par rapport à ce que nous mangeons. De plus le système de l’agriculture intensive en monoculture, basé sur les énergies fossiles et les produits phytosanitaires n’est pas durable sur le long terme.

3. Pour valoriser le savoir faire à la française

Si le savoir-faire à la française a longtemps été et est toujours valorisé, notamment grâce à la qualité de ses artisans, la délocalisation est en train de le tuer petit à petit. Ce phénomène est particulièrement valable pour l’industrie. À la pointe de la technologie dans de nombreux domaines, le pays risque d’ailleurs de perdre sa capacité à fabriquer certains produits. Ce constat vaut aussi pour le domaine culturel ; pensons par exemple à la littérature, à la musique où au cinéma où les artistes français sont systématiquement mis en retrait par rapport aux anglo-saxons.

4. Pour la planète

À l’heure où les catastrophes climatiques se multiplient, la relocalisation parait aussi une nécessité pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Produire en France permettrait notamment de freiner le transport de marchandises et donc la pollution de l’air. La relocalisation favoriserait de même le contrôle des normes environnementales (et sociales !) de ce que nous consommons.

5. Pour l’emploi

Chaque année des dizaines de milliers d’emplois sont détruits par la délocalisation, particulièrement dans le secteur industriel. Le processus a d’ailleurs été largement facilité par l’Union Européenne, dans laquelle les pays de l’est sont devenus un vivier intarissable de main d’œuvre bon marché. À l’inverse, la relocalisation de nos productions bénéficierait à la création d’emploi en France. C’est également valable dans le secteur agricole où un modèle de production durable et autonome nécessiterait bien plus de bras. En favorisant l’activité locale, on relance également les secteurs des services par l’augmentation du pouvoir d’achat. Enfin, ce phénomène permettrait également de redonner vie aux petites villes et aux campagnes françaises.

6. Pour la possibilité de nationalisation

Le fait d’avoir nos outils de productions en France peut également permettre au pays de nationaliser des entreprises en cas de coup dur. Pendant la crise actuelle, il aurait par exemple été très utile d’avoir des entreprises nationales en charge de la production de masques, de médicaments ou de matériel médical.

En préalable, le partage des richesses

Pour autant, avant d’en arriver là, il faudrait engager une véritable politique protectionniste en reprenant le contrôle de nos douanes et en sortant des traités de libre-échange. De plus, afin d’assumer la hausse du coût de production, il conviendrait d’engager une véritable réforme fiscale envers les plus aisés. Et pour cause, la relocalisation risque de rester une utopie tant que l’État ne procédera pas à un véritable partage des richesses.

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