110km/h sur autoroute : le projet aurait un coût de 900 millions d’euros

La Convention citoyenne pour le climat, composée de 150 Français tirés au sort, proposait il y a plusieurs jours de réduire la limitation de vitesse sur autoroute de 130 à 110km/h afin de diminuer les émissions de CO2. Déjà vivement critiqué, ce projet pourrait finalement coûter 900 millions d’euros au contribuable français.

La Macronie hésitante

Lundi 22 juin, la ministre des Transports Elisabeth Borne avait déclaré sur BFMTV être favorable « à titre personnel » à un abaissement de la limitation de vitesse sur autoroute. Elle a cependant tenu à nuancer ses propos, en précisant notamment qu’il fallait « vérifier qu’il y a bien une adhésion des Français et de ceux qui sont directement concernés » par ce projet. Pourtant, cette mesure est loin de faire l’unanimité chez les macronistes : de nombreux députés gardent un souvenir amer de la fronde vécue avec le passage aux 80km/h sur les voies secondaires. Sur RTL, le député LREM du Calvados Christophe Blanchet déclarait que les 80km/h ont « laissé des traces », et qu’il fallait désormais aller « dans le bon sens de la sécurité routière mais il ne faut pas en abuser non plus ». Pour l’élu, la question du transport chez les Français est primordiale : « il y a une chose sur laquelle il ne faut pas emmerder les Français, c’est leur voiture et l’histoire montre qu’il ne faut jamais toucher à la voiture des Français ».

Un coût de 900 millions d’euros

Alors que la mesure d’un abaissement de la limitation de vitesse demeure relativement impopulaire auprès de la population, il se pourrait bien que celle-ci coûte davantage au contribuable français. En effet, les potentiels gains seraient minimes : selon la Convention, l’automobiliste pourrait économiser 1,40€ aux 100km. Cependant, le réel coût pour l’économie française pourrait venir des innombrables heures perdues dans la circulation à vitesse réduite. Pour BFMTV, l’économiste Rémy Prud’homme a estimé une perte annuelle de 65 millions d’heures, ce qui équivaudrait à un travail annuel de… 50.000 travailleurs ! Un coût de 936 millions d’euros, qui serait donc loin d’être rentabilisé grâce aux gains des accidents évités (48 millions d’euros) et à la baisse des émissions de CO2 (4 millions d’euros). « Ce n’est pas nécessairement du PIB de perdu, c’est aussi du loisir dont on ne profite pas », a-t-il rajouté.

Un référendum « consultatif » ?

Si elle ne demande pas l’avis des Français sur des questions cruciales de souveraineté et de grandes politiques économiques, en revanche la Macronie se dit prête à les consulter concernant cette question du passage aux 110km/h sur l’autoroute. L’idée d’un référendum a en effet été évoquée par la Macronie. C’est le cas du secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, qui vantait sur RTL de « beaux sujets de démocratie » que représentent la sécurité routière ou l’écologie. En effet, selon le ministre, Emmanuel Macron avait déclaré à l’ouverture de la Convention « qu’il étudiait la possibilité d’avoir recours à un référendum consultatif » dans un principe « d’expression démocratique ». Cependant, le mécontentement des Français vis-à-vis de cette mesure a déjà largement envahi les réseaux sociaux. Une pétition lancée par l’association « 40 millions d’automobilistes » avait déjà recueilli près de 400.000 signatures en un week-end. Quant à la consultation des Français, le président Macron recevra le 29 juin prochain les 150 citoyens de la Convention : le référendum y sera-t-il confirmé ?

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