La Convention citoyenne pour le climat, composée de 150 Français tirés au sort, proposait il y a plusieurs jours de réduire la limitation de vitesse sur autoroute de 130 à 110km/h afin de diminuer les émissions de CO2. Déjà vivement critiqué, ce projet pourrait finalement coûter 900 millions d’euros au contribuable français.
La Macronie hésitante
La #ConventionCitoyenne a proposé de baisser la vitesse à 110km/h sur les autoroutes pour baisser les émissions de gaz à effet de serre. C’est une mesure efficace pour le climat, mais il faut vérifier qu’il y a une adhésion des Français. pic.twitter.com/aULvyXBJFn
— Elisabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) June 22, 2020
Lundi 22 juin, la ministre des Transports Elisabeth Borne avait déclaré sur BFMTV être favorable « à titre personnel » à un abaissement de la limitation de vitesse sur autoroute. Elle a cependant tenu à nuancer ses propos, en précisant notamment qu’il fallait « vérifier qu’il y a bien une adhésion des Français et de ceux qui sont directement concernés » par ce projet. Pourtant, cette mesure est loin de faire l’unanimité chez les macronistes : de nombreux députés gardent un souvenir amer de la fronde vécue avec le passage aux 80km/h sur les voies secondaires. Sur RTL, le député LREM du Calvados Christophe Blanchet déclarait que les 80km/h ont « laissé des traces », et qu’il fallait désormais aller « dans le bon sens de la sécurité routière mais il ne faut pas en abuser non plus ». Pour l’élu, la question du transport chez les Français est primordiale : « il y a une chose sur laquelle il ne faut pas emmerder les Français, c’est leur voiture et l’histoire montre qu’il ne faut jamais toucher à la voiture des Français ».
Un coût de 900 millions d’euros
Pourquoi les 110 km/h sur autoroute coûteraient 900 millions d’euros à l’économie françaisehttps://t.co/pJak2AVLl8 pic.twitter.com/NMyCyMeET9
— BFMTV (@BFMTV) June 24, 2020
Alors que la mesure d’un abaissement de la limitation de vitesse demeure relativement impopulaire auprès de la population, il se pourrait bien que celle-ci coûte davantage au contribuable français. En effet, les potentiels gains seraient minimes : selon la Convention, l’automobiliste pourrait économiser 1,40€ aux 100km. Cependant, le réel coût pour l’économie française pourrait venir des innombrables heures perdues dans la circulation à vitesse réduite. Pour BFMTV, l’économiste Rémy Prud’homme a estimé une perte annuelle de 65 millions d’heures, ce qui équivaudrait à un travail annuel de… 50.000 travailleurs ! Un coût de 936 millions d’euros, qui serait donc loin d’être rentabilisé grâce aux gains des accidents évités (48 millions d’euros) et à la baisse des émissions de CO2 (4 millions d’euros). « Ce n’est pas nécessairement du PIB de perdu, c’est aussi du loisir dont on ne profite pas », a-t-il rajouté.
Un référendum « consultatif » ?
? @Djebbari_JB, secrétaire d’État aux #transports : « La question des 110 km/h sur les autoroutes pourrait trouver à s’insérer dans un #référendum consultatif. » #RTLMatin @BSportouch #ConventionCitoyenne pic.twitter.com/YYrJ4a9pdX
— RTL France (@RTLFrance) June 22, 2020
Si elle ne demande pas l’avis des Français sur des questions cruciales de souveraineté et de grandes politiques économiques, en revanche la Macronie se dit prête à les consulter concernant cette question du passage aux 110km/h sur l’autoroute. L’idée d’un référendum a en effet été évoquée par la Macronie. C’est le cas du secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, qui vantait sur RTL de « beaux sujets de démocratie » que représentent la sécurité routière ou l’écologie. En effet, selon le ministre, Emmanuel Macron avait déclaré à l’ouverture de la Convention « qu’il étudiait la possibilité d’avoir recours à un référendum consultatif » dans un principe « d’expression démocratique ». Cependant, le mécontentement des Français vis-à-vis de cette mesure a déjà largement envahi les réseaux sociaux. Une pétition lancée par l’association « 40 millions d’automobilistes » avait déjà recueilli près de 400.000 signatures en un week-end. Quant à la consultation des Français, le président Macron recevra le 29 juin prochain les 150 citoyens de la Convention : le référendum y sera-t-il confirmé ?
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