Uber vire 3.500 employés par visioconférence en seulement 3 minutes

Avec la fermeture de la quasi-totalité des frontières et la mise en place du confinement dans de nombreux pays, la pandémie de Covid-19 frappe très durement le secteur des transports. Uber a vu cette branche de son activité se réduire fortement. Prévoyant une baisse continue de la demande dans les prochains mois, le groupe s’est séparé de plus de 3.000 salariés dans plusieurs pays, en l’espace de quelques minutes, par visioconférence.

L’information a d’abord été relayée par le Daily Mail. Uber, le géant mondial du VTC (Voiture de Transport avec Chauffeur, alternative au taxi) a licencié 3.500 salariés dans une vidéo groupée d’une durée de trois minutes. Le groupe s’est d’abord justifié en annonçant des pertes records. La direction a en effet présenté des chiffres très négatifs au premier trimestre 2020 : l’entreprise aurait constaté une baisse de 80% des réservations et une perte de 3 milliards de dollars. Face aux réactions suscitées, le PDG d’Uber a ensuite expliqué au New-York Post avoir choisi ce mode de communication pour des raisons sanitaires, car toutes ses entreprises et ses bureaux étaient fermés. Mais aussi, par le fait que ces licenciements impactaient plusieurs équipes dans plusieurs pays.

« Nous allons supprimer 3.500 postes dans ce secteur du service clientèle. Votre service est impacté. Aujourd’hui sera votre dernier jour chez Uber. »

Dans cette fameuse vidéo, Ruffin Chaveleau, la responsable du service clients d’Uber, apprend aux salariés concernés que « dans un avenir proche, notre activité sera réduite puisque moins de gens voyagent, et nous allons devoir adapter notre taille à ces besoins. En conséquence, nous allons supprimer 3.500 postes dans ce secteur du service clientèle. Votre service est impacté. Aujourd’hui sera votre dernier jour chez Uber. » Et de poursuivre, non sans pouvoir cacher une certaine émotion  : « Je sais que c’est incroyablement dur à entendre. Personne ne veut être dans un appel comme celui-ci. Pour un changement de cette ampleur, nous nous devions de vous prévenir le plus vite possible, afin que vous ne l’appreniez pas par des sources extérieures. Je voulais par ailleurs vous donner cette nouvelle en personne afin d’avoir un bref moment pour vous remercier tous de ce que vous avez fait pour Uber. »

Ces licenciements concernent du personnel administratif, principalement au service client, soit 14% des effectifs du groupe tout de même. Les chauffeurs ne seront pas directement impactés. En effet, ces derniers sont principalement des travailleurs indépendants utilisant la plateforme Uber comme un moyen de mise en relation avec des clients souhaitant un véhicule (Uber percevrait une commission d’environ 20-25% sur chaque course en France). La baisse de la demande a de toute façon déjà impacté les chauffeurs. Belle image de la fameuse « start up nation » qu’Emmanuel Macron a tant vanté.

Une ancienne salarié témoigne de son dégoût et de méthodes peu scrupuleuses

Une désormais ancienne salariée témoigne anonymement, toujours auprès du Daily Mail. Cette dernière critique vivement le procédé employé par la firme. « C’était un appel Zoom (nom de la plateforme de visioconférence NDLR) en direct avec 3 500 personnes. […] Ils ne nous ont donné aucun préavis. Si j’avais raté cet appel, j’aurais manqué l’information. Nous savions qu’ils ne soutenaient pas leurs conducteurs, nous savons maintenant qu’ils ne soutiennent personne  », assène-t-elle. D’autres licenciements seraient encore à redouter.  « Ils n’ont toujours pas fini de se débarrasser des gens » prévient-elle.

Notons que malgré des résultats probants sur 2019, Uber n’est toujours pas une entreprise rentable. Elle avait annoncé avoir perdu 1,1 milliard de dollars en fin d’année dernière, portant ses pertes totales à 8,51 milliards de dollars en 2019. Cette même année, plusieurs centaines de ses salariés, notamment issus de sa division marketing, avait déjà été licenciées. Le groupe américain entend dorénavant maximiser ses efforts sur sa branche UberEats de livraison de repas, plus en adéquation avec les contraintes du moment. En somme, livrer des repas aux gens plutôt que de les conduire au restaurant…

Un précédent chez la start up Bird

Bird est une autre start up, mais de location de trottinettes cette fois. Le 27 mars dernier, aux USA, 400 employés ont été également licenciés à distance. Après deux semaines de télétravail, ces salariés  ont reçu une invitation pour une visioconférence intitulée « Covid-19 Upadate » (mise à jour sur le coronavirus).

Aux participants de cette visioconférence, une voix robotique a annoncé : « Le Covid-19 a eu un impact massif sur notre activité, forçant l’équipe dirigeante à prendre des décisions extrêmement difficiles et douloureuses. L’une de ces décisions consiste à supprimer un certain nombre de fonctions dans la compagnie. Malheureusement, votre fonction est concernée par cette décision. » Une des anciennes employées licenciées, à l’écoute du message d’une durée de deux minutes, raconte s’être crue dans « un épisode de Black Mirror ».

Non, c’est simplement le monde voulu par Macron.

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