Au bout de la nuit, la Macronie a fait voter en première lecture la loi sur le passeport sanitaire. Elle permettra notamment de licencier les salariés récalcitrants ou encore de restreindre l’accès aux hôpitaux.
5h38. La nouvelle loi sanitaire vient d’être votée par la majorité malgré une féroce contestation d’une bonne partie de l’opposition (liste des votes dans le tweet ci-dessous). Elle prévoit notamment l’obligation vaccinale pour certaines professions, et l’extension du passeport sanitaire. Parmi les mesures les plus controversées, la loi pourra permettre de licencier des salariés refusant le passe, mais elle restreindra également l’accès aux hôpitaux.
https://twitter.com/AnonymeCitoyen/status/1418469095251525632
Vers une société de contrôle ?
Avec cette nouvelle loi, la France risque bel et bien de plonger dans une société de contrôle. Le passe sanitaire sera en effet bientôt réclamé à de multiples endroits : restaurants, bars, café, cinémas, train, musées, parcs d’attraction, stades, installations sportives, lieux de cultes, discothèques, hôpitaux, ephad… Il sera difficile de conserver une pleine vie sociale sans le précieux sésame qui sera accordé aux personnes vaccinées, ou aux détenteurs d’un test PCR négatif de moins de 48h.
Le personnel du privé transformé en agents de contrôle
Dans ce cadre, il est évident que la Macronie n’aura pas les moyens de contrôler toute la population par le seul biais de l’État. C’est donc le personnel des établissements recevant du public qui sera chargé de faire la police. À moins d’embaucher des salariés dédiés à cette tâche, on se demande d’ailleurs comment ces directives pourront être concrètement appliquées partout, notamment dans les restaurants.
Risques sanitaires à géométrie variable
Si certains ont dénoncé un projet de loi liberticide, d’autres ont également souligné la grande incohérence du projet. Le leader de l’opposition de gauche, Jean-Luc Mélenchon s’est ainsi moqué des différences de traitements réservés aux TER, TGV ou RER, évoquant « une société du contrôle permanent » qui feront, selon lui, glisser la France dans le « désordre » et la « pagaille ». Il faut dire que l’on a effectivement du mal à comprendre par quel miracle certains transports en commun seraient plus sûrs que d’autres.
Ne pas froisser le capitalisme…
La Macronie a en effet écarté les transports en commun de ville (métro, bus, tram) ainsi que les TER de son dispositif. On se demande pourtant pourquoi le virus ne se propagerait pas dans ce type de lieux, souvent extrêmement fréquentés. Il faut sans doute comprendre que pour le gouvernement le bon fonctionnement des entreprises qui font tourner la machine capitaliste passe bien avant la santé des Français…
… ni la police
La députée LFI Mathilde Panot s’est ainsi étonnée de voir la police miraculeusement épargnée par la vaccination obligatoire alors que les soignants n’y ont pas échappé. Curieusement, la corporation avait déjà été dispensée de la réforme des retraites à l’époque où Emmanuel Macron rêvait encore de l’imposer. Le chef de l’État craindrait-il une nouvelle insurrection populaire pour choyer ainsi l’institution qui le protège de la colère du peuple ?
https://twitter.com/MathildePanot/status/1417868641052336128
Vers une société coupée en deux ?
Le député Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a, quant à lui, regretté que le gouvernement « dresse les Français les uns contre les autres ». Même son de cloche chez Marine Le Pen qui voit cette mesure comme une « atteinte aux libertés et à l’égalité entre les citoyens ». En effet, en plus de confronter les pro et les anti vaccins, la situation opposera également les plus riches qui pourront se permettre de se payer des tests PCR (qui ne seront bientôt plus remboursés) aux plus pauvres qui n’auront pas d’autres choix que de se faire vacciner.
Convaincre plutôt qu’imposer
Une marche forcée d’autant plus difficile à avaler que même l’OMS préconisait de convaincre les peuples de se vacciner plutôt que de leur imposer. D’autant plus qu’Emmanuel Macron avait promis qu’il n’y aurait pas de vaccin obligatoire ni d’extension du passe sanitaire. Dans les faits, à moins de vivre en ermite, il n’y aura plus vraiment de choix…
Rupture de confiance
Il faut tout de même avouer qu’il était difficile pour le chef de l’État de convaincre une partie du peuple tant il a passé la quasi intégralité de son mandat à le maltraiter. Comment faire confiance à des prétendues élites qui n’ont eu de cesse de réprimer les diverses manifestations par la violence et qui ont tout fait pour détricoter notre système social ?
Vers une pénurie ?
Le pire, c’est sans doute que beaucoup de Français qui étaient prêts à se faire vacciner dès le départ pourraient se retrouver sanctionnés. Et pour cause, les délais de vaccinations sont de plus en plus tendus, et certains centres sont même en pénurie de vaccins. Bien entendu, l’homologation du vaccin russe n’est toujours pas à l’ordre du jour alors que celui-ci, basé sur une technologie ancienne et donc moins sujette à suspicion, est utilisé en Russie depuis près d’un an maintenant.
Accès restreint aux hôpitaux et aux EHPAD
Si les urgences ne seront pas concernées par le dispositif, l’hôpital et les EHPAD seront quant à eux bien soumis au passe sanitaire. Ainsi les visiteurs devront être soit vaccinés soit dotés d’un test PCR négatif de moins de 48h. Mais ce sera également le cas pour les patients non urgents qui devront également se soumettre à la règle. Des mesures qu’un amendement de l’opposition avait pourtant fait retirer. Mais c’était sans compter sur le gouvernement qui a réussi à refaire passer la règle dans la nuit.
60 millions d’euros par mois pour contrôler les hôpitaux
Comble de l’ironie, dans les institutions publiques comme les hôpitaux, l’État va devoir recruter du personnel pour … contrôler son personnel. Une situation ubuesque, lorsque l’on sait que ce même gouvernement n’a eu de cesse de supprimer des lits d’hôpitaux. D’autant que le coût de cette histoire n’est pas neutre puisque le contrôle des hôpitaux pourrait s’élever à pas moins de 60 millions d’euros.
Possibilité de licenciement
Enfin, l’un des points les plus marquants de la loi reste sans doute la mise en place de la possibilité du licenciement en cas de refus des salariés des secteurs concernés. Dans un premier temps, l’employé sera suspendu sans salaire. Et s’il refuse toujours de se soumettre au passe sanitaire au bout de deux mois, il pourra être renvoyé. Une mesure qui a déclenché une grosse colère dans l’opposition et chez beaucoup de Français. Une indignation qui risque de se matérialiser demain lors des manifestations contre le passe sanitaire prévues aux quatre coins de la France.
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