« Il n’y aura pas de deuxième vague », selon Yonathan Freund, urgentiste à Paris

Le professeur Yonathan Freund, urgentiste à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, a passé ses trois derniers mois en prise direct avec l’épidémie de Covid19.

Traitement, confinement, seconde vague, il livre son analyse dans un entretien donné au Point.

L’épidémie pourrait bien être terminée, cette année en France

« Actuellement il n’y a quasiment plus de circulation du virus ». L’hospitalisation de patients positifs au Covid19 se réduit de jour en jour, et également en Île-de-France, région pourtant la plus touchée. Seulement une petite partie des arrivées concerne des infections récentes, explique Yonathan Freund, le reste résultant souvent de contractions à l’étranger. La situation n’est plus sous tension, comme elle a pu l’être il y a 3 mois, et un retour rapide à la normale devrait avoir lieu selon l’urgentiste parisien.

Il n’y aura pas de seconde vague

« Il n’y a pas de seconde vague, et il n’y en aura pas cet été ». La seconde vague était « redoutée », mais le fait que le virus ne circule plus – ou quasiment plus en France – réduit fortement les risques d’une seconde vague. De plus, l’arrivée des hautes températures pourrait avoir tendance à freiner la circulation du virus, constate Yonathan Freund.

Une population immunisée ?

Le réel problème résulte d’une potentielle mutation du virus, notamment pour l’hiver prochain. Un coronavirus peut effectivement muter sous une forme davantage dangereuse : ces 20 dernières années, le monde a été confronté à « trois versions inquiétantes du coronavirus ». Cependant, un scénario qui se répéterait deux années d’affilées est très peu probable, note l’urgentiste. Grâce à l’immunité croisée, les populations parviendraient à développer des anticorps relativement efficaces. En effet, selon plusieurs études évoquées par le professer Freund, une partie importante de la population aurait développé des anticorps contre le Sars-Cov-2 sans jamais avoir été exposé à ce dernier. « Si vous avez été infecté par un coronavirus bénin comme un simple rhume l’an passé, vous pourriez avoir produit des cellules ou des anticorps qui vous protègent contre le coronavirus actuel ». Une découverte qui reste à confirmer, mais qui laisse penser qu’une bonne partie de la population est déjà immunisée contre le Coronavirus grâce à d’anciennes infections plus bénignes que le Covid19.

Un confinement efficace

« Le confinement était INDISPENSABLE. Sans cette décision, les hôpitaux auraient été submergés, mais vraiment, et il y aurait eu une sacrée surmortalité » écrit l’urgentiste sur Twitter. Le confinement aura au final permis aux soignants de travailler dans de bonnes conditions, réclamées depuis longtemps : « les multiples grèves et autres concertations n’ont pas abouti à un dixième de ce que cette épidémie a permis en quelques semaines ».

Le professeur Raoult « impardonnable »

Ce qu’a fait le professeur Raoult « à la science est impardonnable », constate le professeur Freund. Les preuves brandies par ce dernier afin de justifier l’utilisation de la chloroquine seraient peu fiables, et ne permettraient pas de vérifier une réelle efficacité du traitement. « Quand la croyance se substitue à la science, cela n’augure rien de bon » conclut-il.

Quel futur pour l’hôpital public ?

Au-delà de l’état catastrophique de la psychiatrie, de la gériatrie et même du milieu médical en général, les inégalités sociales semblent se creuser davantage, avec un accès aux soins de plus en plus inégalitaire, déplore l’urgentiste. La précarité représente un réel danger pour le futur de l’hôpital français, qui a définitivement abandonné sa qualité de « meilleur au monde ». En tout cas, pour le professeur Freund, « l’hôpital continuera à donner le meilleur de lui-même, quelles que soient les conditions dans lesquelles nous le ferons fonctionner ».

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