Source : La croix
Une vaste étude, publiée le 22 mai, mettant en évidence un effet neutre, voire néfaste, de la chloroquine chez les malades du Covid-19 hospitalisés ne cesse de questionner les experts scientifiques. La revue « The Lancet » dans laquelle l’étude a été éditée a même lancé un avertissement formel, tandis que l’OMS annonce la reprise des essais.
L’OMS a annoncé ce mercredi 3 juin la reprise des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine, neuf jours après les avoir suspendus à la suite de la publication d’une étude dans la prestigieuse revue médicale The Lancet.
Après analyse des « données disponibles sur la mortalité », les membres du Comité de sécurité et de suivi ont estimé « qu’il n’y a aucune raison de modifier le protocole » des essais cliniques, a expliqué le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Ce revirement fait à la suite de la publication mardi 2 juin d’une « expression of concern » (« expression de préoccupation ») par la revue The Lancet. La revue à l’origine de la publication de l’étude polémique sur la chloroquine a en effet publié une déclaration formelle employée par les revues scientifiques pour signifier qu’une étude pose potentiellement problème. The Lancet souhaite ainsi « alerter les lecteurs sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été portées à (son) attention » au sujet de cette étude, qui fait actuellement l’objet d’un audit initié par ses auteurs. De quoi jeter le doute sur ces travaux scientifiques.
Quel était le protocole de l’essai clinique piloté par les Américains et publié dans « The Lancet » ?
Il s’agit d’une étude multicentrique, publiée le 22 mai dans la revue britannique The Lancet. Elle portait sur plus de 96 000 patients, répartis dans 671 hôpitaux à travers le monde. L’âge moyen des patients était de 53 ans.
Sur cet ensemble de malades, seulement 15 000 (14 888 exactement) ont reçu un traitement : 1 868 ont pris de la chloroquine seule (nom commercial, « Nivaquine ») ; 3 783 de la chloroquine associée à un antibiotique macrolide (famille à laquelle appartient l’azithromycine, utilisée par Didier Raoult à Marseille) ; 3 016 patients ont reçu de l’hydroxychloroquine (Plaquenil) ; et 6 221 de l’hydroxychloroquine combinée avec un antibiotique. Les 81 000 patients restants constituaient donc le groupe contrôle.